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Conversation entre un dépressif et un terrien


Texte inédit de David Foenkinos

Le dépressif : Je voulais te dire quelque chose.
Le terrien : Oui.
Le dépressif : En ce moment, je vois quelqu’un.
Le terrien :
Moi aussi.
Le dépressif :
Quoi ? Toi aussi, tu vois quelqu’un ?
Le terrien :
Ben oui. Je te vois toi. Tu es en face de moi.
Le dépressif :
Mais non… je parlais de voir quelqu’un.
Le terrien :
Quelqu’un ? Je le connais ton quelqu’un ?
Le dépressif :
Ben non. Je ne crois pas. En général, c’est mieux de voir quelqu’un qui n’a pas de relation avec son entourage.
Le terrien : Je ne te suis pas du tout.
Le dépressif :
Je vois un psy quoi !
Le terrien : Ah d’accord. Tu aurais dû le dire toute de suite. Je n’ai jamais compris cette manie de dire quelqu’un pour parler d’un psy. C’est la seule profession qu’on ne dit pas, c’est louche, non ?
Le dépressif :
Si tu veux tout savoir, je ne réfléchis pas à ça en ce moment.
Le terrien : Et pourquoi pas le boucher ?
Le dépressif : Quoi, le boucher ?
Le terrien : Pourquoi on ne dirait pas « quelqu’un » pour parler d’un boucher. Quand tu vas acheter de la viande, tu dis à ta femme que tu vas voir quelqu’un. C’est pas plus con. Tiens, moi je vais faire ça. A partir de maintenant, mon quelqu’un c’est le boucher.
Le dépressif : Bon je crois que je n’aurais pas dû venir te voir.
Le terrien : Oui, pardonne-moi. C’est ton quelqu’un qui m’a embrouillé. Je ne supporte pas qu’on ne définisse pas les choses. Tant qu’on y est, on pourrait dire que « quelque part » c’est la Suisse. Et même la Suisse du Sud, si je veux.
Le dépressif : J’ai l’impression que tu ne vas pas fort en ce moment. Je me demande si tu ne devrais pas voir quelqu’un.
Le terrien :
Ah, non j’ai déjà mangé de la viande hier.

Elle et lui le retour / La surprise


Histoires vraies ou presque

Elle et lui en voiture, une soirée de printemps.

Elle, enthousiaste: Tu réserves ta soirée du 16 juin ? J’organise une surprise pour ton anniversaire.
Lui en riant : Ah! Impossible, bobonne revient de San Francisco .
Elle, manquant de s’étouffer : Et alors ?
Lui : Alors je passe ma soirée en couple, je veux dire en famille. …
Elle : Et moi ?
Lui : Toi ? On se revoit dans deux mois. Oui, c’est un bon plan ça deux mois …


La nature est-elle ambivalente ?


– La semaine dernière je vous ai demandé d'apporter avec vous en séance, un organisme végétal, une plante, que vous possédez et qui selon vous reflète la tranche de vie sexuelle que vous traversez. Nous continuons ensemble à développer notre réflexion sur la libido, ses représentations et ses influences dans nos relations. 
– William ? Vous nous avez apporté ?
– Ma petite plante carnivore... Une Dionée, elle s'appelle comme cela en référence à Diane, la déesse grecque de l’amour et de la beauté... Et, j'ai beau l'arroser tous les jours, elle est en manque et s'étiole...
– Intéressant... Sylvain ?
– Moi, j'ai mon bambou qui part en vrille !

Lucienne



– Épouse-moi !
– Qui ?


Théâtre


Ça c'est le Rond-Point
Deux hommes sont assis côte à côte. L’Homme 2 lit un journal.   
L’HOMME 1. – C’est quoi déjà ? … j’ai oublié…
L’HOMME 2. – Le théâtre ?
L’HOMME 1. – Oui.
L’HOMME 2. – C’est quelqu’un qui parle à quelqu’un d’autre.
L’HOMME 1. – Et l’autre répond ?
L’HOMME 2. – En général, oui.
L’HOMME 1. – Et ils se disent quoi ?
L’HOMME 2. – C’est varié.
L’HOMME 1. – C’est intéressant ?
L’HOMME 2. – Des fois oui, des fois non.
L’HOMME 1. – Et c’est long ?
L’HOMME 2. – Une heure, deux heures, trois heures, ça dépend ce qu’ils ont à dire.
L’HOMME 1. – Et si c’est ennuyeux ?
L’HOMME 2. – Pareil, une heure, deux heures, trois heures…
L’HOMME 1. – C’est une sorte d’échange.
L’HOMME 2. – C’est ça.
L’HOMME 1 . – Un échange d’idées.
L’HOMME 2. – Pas toujours.
L’HOMME 1. – C’est un peu ce qu’on fait en ce moment…
L’HOMME 2. – Un peu.
L’HOMME 1. – C’est pas mal.
L’HOMME 2. – Je suis d’accord… moi j’aime bien le théâtre.
L’HOMME 1. – Je ne comprends pas pourquoi tant de gens ne veulent pas aller au théâtre.
L’HOMME 2. – Probablement parce qu’ils ne savent pas ce que c’est…
L’HOMME 1. – C’est dommage, parce qu’une fois qu’on sait ce que c’est, c’est super le théâtre.
L’HOMME 2. – Je suis bien d’accord. C’est super.
Il se replonge dans son journal.
FIN

 
 

Le Pourquoi


Les contes et légendes du Cabaret Philosophique (anecdote 1)

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Ils se sont autoproclamés philosophes et cherchent et trouvent ensemble des solutions aux problèmes qui nous accablent.
En toge et armés d'un simple téléphone portable, ils ont filmé leur retour dialogué jusqu'à la caverne primordiale. Cela donne trois films diffusés en exclusivité sur ventscontraires.net : le Pourquoi, la Pensée, le Doute. Bertrand Lenclos et Jackie Berroyer, impressionnés, ont eu l'intuition, en voyant ces films, qu'un moyen métrage 35mm dolby stéréo leur préexistait. Et l'ont donc réalisé. Après le prix du public au festival grolandais de Quend, "Mission Socrate", le film, a reçu le prix du public et le prix de la création musicale originale au festival premiers plans d'Angers.


> La Pensée
 

Correspondance d'un sédentaire avec des morts


"Entretien" avec Baudelaire sur le sommet de l'environnement
CB. – La Nature est un temple où de vivants piliers. Laissent parfois sortir de confuses paroles FC. – Alors oui Charles, puisque vous me parlez d'écologie, que pense le poète du sommet pour l'environnement? CB. – L'homme y passe à travers des forêts de symboles. Qui l'observent avec des regards familiers. FC. – Oui vous pensez aux lobbies? Que le discours devrait prendre forme en actions c'est bien cela ? CB. – Comme de longs échos qui de loin se confondent. Dans une ténébreuse et profonde unité. FC. – Oui un écho aux différents problèmes que rencontre l'Homme moderne pour sa survie... Quelle place dans l'éducation de nos enfants pour que cela fonctionne? CB. – Vaste comme la nuit et comme la clarté. FC. – Oui ! CB. – Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants. FC. – Euh... Je crois que vous être en train de glisser vers autre chose là, si je... CB. – Doux comme les hautbois, verts comme les prairies.  FC. – Mais il suffit non! Vous… CB. – Et d'autres, corrompus, riches et triomphants. Ayant l'expansion des choses infinies. FC. – Ah… On vous récupère! Dieu merci! Que pensez-vous que l'Homme devienne d'ici 20 ou 30 ans même? CB. – Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens. Qui chantent les transports de l'esprit et des sens. FC. – Merci M. Baudelaire pour vos vues très précises sur la vie, le temps, la terre et pour ce formidable optimisme que vous partagez à merveille...
Franck Cesarini
Internaute




 
 

Elle et lui (série)


Histoires vraies ou presque

Elle et lui au cinéma.
Elle : Je m'ennuie.
Silence.
Lui après un temps : Veux-tu que nous flirtions ?
Elle : Je ne m'ennuie pas à ce point.
Sophie Jabès
Internaute




 

Le Doute


Les contes et légendes du Cabaret Philosophique (anecdote 3)

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Appelez-moi le Directeur !


Ça c'est le Rond-Point
Hall du Théâtre du Rond-Point. Une spectatrice compulse fébrilement le programme de saison. Soudain elle se dirige vers le responsable de l’accueil.
LA SPECTATRICE. – S’il vous plaît, appelez-moi le Directeur !
Le Directeur apparaît aussitôt derrière elle.
LE DIRECTEUR. – Madame ?
LA SPECTATRICE. – Je ne peux pas le croire, il n’y a aucun auteur mort ici ?
LE DIRECTEUR. – C’est un théâtre Madame, pas un cimetière.
LA SPECTATRICE. – Et ce n’est pas dans les théâtres que sont joués les grands auteurs ?
LE DIRECTEUR. – C’est ce que nous faisons Madame.
LA SPECTATRICE. – Vous plaisantez ?
LE DIRECTEUR. – Du tout.
LA SPECTATRICE (montrant le programme). – Mais ils sont tous vivants chez vous !
LE DIRECTEUR. – Et alors ?
LA SPECTATRICE. – Comment pouvez-vous savoir si ce sont de bons auteurs ?
LE DIRECTEUR. – Nous faisons confiance à notre goût, Madame.
LA SPECTATRICE. – Quel goût ? Vous êtes capable vous, de dire si l’entrecôte est bonne quand la vache est encore vivante ? Qui peut jurer de la saveur d’une saucisse ou de la qualité d’une rillette quand le cochon patauge dans les topinambours ?
LE DIRECTEUR. – Madame, je vous assure qu’ici…
LA SPECTATRICE. – Non, pas à moi, je connais la chanson ! Vous connaissez Lucien Karl ? Jacques Lecalin ? André Granbourg ?
LE DIRECTEUR. – Non.
LA SPECTATRICE. – Normal. Tous oubliés. Des nuls. Seulement, de leur vivant, leurs pièces ont assommé des centaines de spectateurs imprudents, dont ma propre famille, qui s’étaient jetés dans des théâtres sans vérifier l’acte de décès de l’auteur…, et je ne parle pas des acteurs indigents qui les jouaient…
LE DIRECTEUR. – Ah ça, les acteurs, vous comprendrez que nous sommes obligés de les engager vivants. Même si j’imagine que pour vous, l’idéal serait que des acteurs morts jouent des auteurs morts.
LA SPECTATRICE. – Ah ça c’est sûr ! Croyez-moi, si vous programmiez Sarah Bernhardt dans une pièce de Corneille, ce serait un tabac ! Et nous les spectateurs on viendrait les yeux fermés.
LE DIRECTEUR. – Mais vivants ?
LA SPECTATRICE. – Et heureux de l’être !… Quand même, reconnaissez que ce que je vous dis est l’évidence même.
LE DIRECTEUR. – Je n’en suis pas sûr.
LA SPECTATRICE. – Ah bon et pourquoi ?!
LE DIRECTEUR. – Vous êtes vivante, Madame.
LA SPECTATRICE. – Exact (elle reste interdite un instant). Ce n’est pas faux.
LE DIRECTEUR. – J’en ai l’impression.
LA SPECTATRICE. – C’est ce que me dit souvent mon mari quand je lui parle.
LE DIRECTEUR. – Qu’est-ce qu’il vous dit ?
LA SPECTATRICE. – « Tu sais Simone, par moments je te préfèrerais morte que vivante ».
LE DIRECTEUR. – Je le comprends.
LA SPECTATRICE. – Seulement c’est pas gagné parce que si une fois morte je ne valais plus rien ?
LE DIRECTEUR. – Ça, mystère… !
LA SPECTATRICE. – La solution serait…
LE DIRECTEUR. – Peut-être que vous ne mangiez plus de viande…
LA SPECTATRICE. – Voilà ! Comme ça on est tranquille… peu importe que la vache soit vivante ou pas…
LE DIRECTEUR. – Je vous propose un abonnement ?
LA SPECTATRICE. – Pourquoi pas.
LE DIRECTEUR. – La caisse est ici Madame. Autre chose ?
LA SPECTATRICE. – Non… tout va bien. Merci.
LE DIRECTEUR. – À bientôt Madame.
La spectatrice sort son carnet de chèque en fusillant du regard le Directeur qui s’éloigne…
LA SPECTATRICE. – Je l’aurai… un jour je l’aurai…
FIN

Guérison


Pièce brève de Jean-Michel Ribes
Ils discutent en marchant.
-    Le mot théâtre vous donne-t-il envie d’aller au théâtre ?
-    Ce sont plutôt des amis.
-    Qui vous donnent envie ?
-    Disons qui m’y entraînent.
-    Jamais le mot ?
-    Le mot théâtre ?
-    Oui.
-    Rarement.
-    Comme moi. A mon avis, il est foutu.
-    Le mot théâtre ?
-    Oui, peut-être même est-il mort sans qu’on s’en soit aperçu.
-    On en aurait parlé dans les journaux ou à la télé.
-    Il n’y a pas de théâtre à la télévision.
-    Non, mais il y a des nouvelles, et le décès d’un mot comme théâtre aurait fait des vagues, quand même.
-    Vous avez peut-être raison.
-    Il est toujours là c’est sûr.
-    Pas en grande forme en tout cas.
-    Possible.
-    Amoindri.
-    Probablement.
-    Je me demande s’il n’est pas temps qu’on lui rajoute des lettres.
-    Des lettres ?
-    Oui. Un « e », un « o », un « p » ou mieux un « t », le « t » renforce bien le mot, ça le structure. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si « structure » en a deux. Vous imaginez « structure » sans « t » : « srucure ».
-    C’est vrai ça ne donne pas très envie de se construire.
-    Pour le moins.
-    J’ignorais totalement l’importance de la lettre « T » pour le soutien du mot, pour son dynamisme.
-    Elle est essentielle. Regardez, pour la prévention du danger, on en a mis trois : ATTENTION ! que serait ce mot alarme sans ses trois « T » : (il crie)
« A-en-ion  l’immeuble s’écroule ! » personne ne bougerait.
-    C’est fou, on ne réalise pas que le T peut nous sauver la vie.
-    Très souvent.
-    Ce qui m’inquiète tout à coup c’est qu’il n’y en a pas dans « médecin ».
-    C’est pour ça que moi j’appelle toujours un docteur. Au moins il y en a un.
-    Les bons devraient en avoir deux.
-    Doctteur.
-    Oui, ou docteurt. Vous avez un rhume, vous consultez un docteur, pour une angine de poitrine, vous  courrez chez un docteurt.
-    Ce serait beaucoup plus simple c’est vrai.
-    Plus juste surtout. Et quand à ceux qui ne guérissent jamais personne on leur enlèverait leur « t » au bout de six morts par exemple. Qui alors irait se faire soigner chez un « doceur » !?
-    Personne bien sûr.
-    Je pense qu’il faudrait organiser une réévaluation des performances de l’ensemble des praticiens suivie d’une répartition de la lettre « t » aux vues de leurs résultats.
-    Cela permettrait sûrement  de rééquilibrer le budget de la santé.
-    Ne vaudrait-il pas mieux dire « avec t » ?
-    Que santé ?
-    Oui.
-    Non, santé convient parfaitement pour désigner la bonne forme, un mot sans « t » est un mot qui va bien, regardez plaisir, paradis, rebond, envol, cognac.
-    Crevette, escargot et lansquenet ne vont pas mal non plus.
-    Enlevez leur donc le « t » et vous verrez leur mine.
-    Vous avez raison.
-    Le « t » est un renfort, une vitamine, parfois une prothèse.
-    Mais j’y pense tout d’un coup, le mot théâtre en a déjà deux !
-    Vous vous rendez compte ce qu’il porte ?
-    Quoi de plus ?
-    Deux mille cinq ans de tragédies, farces, drames et comédies ! d’Eschyle à Becket !
     Toute l’angoisse et l’ironie du monde qu’il doit dire avec seulement sept petites lettres !
-    Mon Dieu ! vite, rajoutons-lui un T.
-    A mon avis deux est un minimum.
-    Deux ! ça ferait quatre !?
-    Pensez à l’avenir.
-    Ça va continuer encre longtemps le théâtre ?
-    J’en ai peur.
-    Bon va pour quatre. Ce qui donne ?
-    Thétatret.
-    Thétatret ?
-    Oui. Alors ?
-    pas mal.
-    Si je vous proposais d’aller au thétatret ce soir…
-    Je ne dirai pas non, une soirée au thétatret, ça donne envie !
-    Je crois que nous l’avons sauvé !
Un temps
-    Dites moi ?
-    Oui.
-    Le mot apéritif vous donne-t-il envie de boire un apéritif ?
-    Toujours.
-    Moi aussi. Je vous invite à boire un verre au bar du thetatret, ça vous dit ?
-    J’adore les théatrets qui ont un bar !


Extrait de Multilogues suivi de Si Dieu le veut, © Actes Sud, 2006.
http://www.actes-sud.fr/ficheisbn.php?isbn=9782742760701


les mathématiques au quotidien



Le plus dur avec les esprits obtus, c'est d'arrondir les angles.

Dialogue d'un film éloquent



- T'es pas très bavard toi ?

- Ta gueule !
 

Une taverne mal famée


Le journal de Béotius (C'est du lourd, c'est du vécu)

Dans cette histoire, le gnome, c'est moi, Béotius. Si je parle de moi à la troisième personne, ce n'est pas pour affirmer ma singularité, mais bien plutôt pour garder une distance avec ce personnage qui porte sur ses épaules toute ma honte.
Autour du comptoir, les verres tintinnabulent, chacun devise avec ses voisins et une atmosphère de fraternité s'élève jusqu'au plafond. Certes, l'on abuse aussi de la dive bouteille.
— Qui a dit que j'étais un crétin ? lance à la cantonade une espèce de gnome agité, avec des accents de stentor.
— Moi ! éructe une créature musculeuse, plus proche du brontosaure par son aspect massif que de l'homme par son faciès de primate vaguement hominoïde.
Dans le silence pesant d'un milieu devenu soudainement hostile, tout le monde se fige, excepté le gnome. Il s'enquiert, avec cette retenue que l'on nomme communément peur :
— Qui vous a renseigné ?
Jean-Luc Lourmière
Internaute




 

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- Est-ce que tu crois en la réincarnation ?
- J'y ai cru en son temps.
- A quel moment ?
- Dans ma vie précédente.
- ...?!
 

Maman (1)


Dialogues de quartier

- J’ai lu ton livre… Ça m’a un peu secouée.
- Je t’avais prévenue, maman, ce n’est pas une histoire très divertissante.
- Non, c’est le moins qu’on puisse dire. C’est loin de la vie que nous avons bâtie, ton père et moi.
- C’est sûr.
- Mais déballer l’histoire des quenelles, quand même, c’est un peu dur à avaler.
- Quelles quenelles ?
- Non, je sais, tu ne dis pas explicitement que ce sont mes quenelles de poisson, mais je suis ta mère et je sais lire entre tes lignes. Quand tu dis que tu es devenu ce que tu es devenu parce que je faisais tous les dimanches la même chose… Je ne sais plus ce que tu as inventé… « sempiternelle », tu dis… Et que c’était chaque fois aussi dégueulasse …  « Dégueulasse » ce mot là je l’ai en travers de la gorge !
- Mais maman, la mère de mon bouquin ce n’est pas toi, c’est la mère du personnage. C’est un roman noir ce n’est pas une autobiographie.
- Peut-être, mais ça, les gens ne le savent pas ! Je faisais la panade, moi-même je te signale, dès le samedi soir et le poisson venait tout frais du marché. Alors jeter ça comme ça, « dégueulasse », en pâture aux voisins et à tout le monde…
- Je ne pense pas que les voisins, s’ils en viennent à lire mon roman, cherchent un rapprochement avec toi et surtout avec moi. Je ne suis pas comme le personnage : violeur et psychopathe.
- Je n’en sais rien ! Personne n’en sait rien. C’est ta vie ça ! Tu ne nous dis pas tout et c’est normal. Mais que tu n’ais jamais aimé mes quenelles, ça au moins tu aurais quand même pu me le dire… Dégueulasse ?!
François Raffenaud
Internaute




 

La Pensée


Les contes et légendes du Cabaret Philosophique (anecdote 2)

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Réécoutez le premier dialogue sur le Pourquoi, sinon vous ne comprendrez rien à cet échange essentiel et fondamental sur ce qui nous fonde : la Pensée...  
> Le Pourquoi
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