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Dialogue de sourds à Fukushima


Voici la vidéo d'une rencontre qui a eu lieu le 19 juillet 2011 dans la ville de Fukushima, entre des représentants de la population de Fukushima et Akira Satoh, directeur de l'Etat major de crise local pour la sécurité nucléaire

- Comme les autres gens, la population de Fukushima a le droit d'éviter l'exposition aux radiation et d'avoir elle aussi une vie saine. Etes-vous d'accord?

AS. : Le Gouvernement a essayé de réduire la dose d'exposition aux radiations au maximum possible.

- Vous n'avez pas répondu à ma question ! Donc vous dites qu'ils ne l'ont pas fait?  Il en ont le droit ou non ? Vous même ne pensez-vous pas que vous avez le droit de vivre une vie saine !?

AS : Ce que je dis, c'est que le gouvernement a essayé de réduire le plus qu'il a pu la dose d'exposition aux radiations.

- Le gouvernement n'est-il pas en train d'appliquer des standards différents pour la population de Fukushima ?

AS. : ...

- Il y  a des gens à Fukushima qui veulent évacuer. S'il vous plaît prenez la responsabilité de les évacuer.

AS. : ...

- S'il-vous-plaît répondez avec un commentaire.

- S'il vous plaît répondez.

AS. : Bien, si vous le voulez, vous êtes libres d'évacuer à vos propres risques. Si les gens vivent dans un endroit sain, le gouvernement leur demande de rester où ils sont.

- Même dans le bloc communiste, l'Union soviétique a rapidement évacué les populations de Biélorussie après l'accident de Tchernobyl.

AS. : ...

- Mon Dieu pourquoi le Japon, une nation libre, ne pourrait pas faire de même ?

AS. : ...

- L'Union soviétique a évacué 240.000 enfants en deux semaines!

- Qu'est-ce que le gouvernement a fait pendant les quatre mois passés !

AS. : ...

- Nous vous demandons de tester l'urine des enfants sans attendre. Et nous aimerions aussi être informé sur qui va faire ces tes et comment ils seront conduits.

AS quitte la salle.

- S'il vous plaît, prenez cet échantillon d'urine avec vous !

- C'est si absurde.

- Testez cet échantillon d'urine !

- Mais qu'est-ce que vous faites !?

- Testez cet échantillon !

- Pourquoi refusez-vous !?

- D'après vous, vous êtes en train de faire quoi là!?

- Je vous en prie prenez cette urine avec vous !

- Prenez l'échantillon !

- S'il vous plaît prenez l'échantillon.

AS. : Ça n'est pas de notre ressort.

- Nous vous prions de l'apporter au gouvernement central.

AS. : Ça n'est pas de mon ressort du tout.

- Qu'est-ce que vous voulez dire par ça  !?

- Vous ne pensez pas que vous devriez l'amener avec vous ?

- Ils ont apporté cet échantillon exprès pour vous aujourd'hui.

- Oui aujourd'hui, comme ils l'avaient promis?

- Vous aviez dit avant que s'ils apportaient de l'urine vous la feriez tester, rappelez-vous !?

- Vous vous rappelez !?

- S'il vous plaît prenez l'échantillon avec vous !

Quelqu'un bloque la porte.

- Stop! Stop ! Je vous prie de communiquez avec nous comme entre personnes civilisées! Qu'est-ce que vous croyez que vous allez faire ? Vous pensez que les bureaucrates à Tokyo sont plus importants que les gens de Fukushima ?

AS. : Ça n'est pas de mon ressort.

Enki Bilal


« La science fiction c'est aujourd'hui »

Enki Bilal,science fiction,ventscontraires.net,Théâtre du Rond-Point
Pour la première fois metteur en scène au théâtre, le réalisateur, dessinateur et scénariste de bandes dessinées Enki Bilal présente au Rond-Point "Suspection", spectacle adapté des Mémoires d'une teigne de Fabienne Renault, et joué par Evelyne Bouyx. Ça commence le 30 novembre et en attendant, ventscontraires.net lui a demandé comment il définirait la science fiction aujourd'hui... et si son œuvre, marquée par l'imagerie des anciens pays socialistes – il est né en Yougoslavie – n'exprime pas une nostalgie étrange pour les totalitarismes du XXe siècle. Ecoutez ses réponses à faire froid dans le dos.

Jourlan d'un dysleixuqe


triosieme jour : c’est ters difficiel de pnerde le tarin sans billet, le contorleru m’a fihcu une purne, he medre ! Acev tout le lam que je me donne poru ganger de l’argnet, c’est abusre ! Ma mère n’étiat pas à la gare, j’ai été obilgé d’attenred le cra, trios plombes, gerave… Mon père ne va pas miexu, il est tojuours altié avec son turc dans le nez. Je lui demadné cobmien il polluati la plaente avce totu cet oxygnee qu’il respirati. Il n’a même pas soiur. Ma mère a commecné à releri mes noste, elle trovue cela illisiebl, elle m’a dit que c’éatit même pas la penie de l’envyoer à un édieurt, il le lirait meêm pas. Ça m’a décrouagé, du copu, j’arrête, je vais aller à la pêceh aux moluse, vosu savez, ce qu’on raème qunad on va au bla du semdia soir. Cioa !!!

Cet enfant est un sataniste potentiel


Détournement d'une campagne de l'Inserm

Viktor Orbán plus rapide que "Poutluscozy"


Carte postale de Hongrie
Comment devenir Poutine en son pays quand aucun pétrole ne coule en Hongrie ?
Comment régner tel un Berlusconi radieux sur l'ensemble des médias nationaux, Internet compris ?
Légiférer dix fois plus vite que l'hyperprésident français ?
Lancer la plus grande chasse aux sorcières depuis la chute du Mur et caser ses lieutenants à tous les étages du système ?

Après son élection raz de marée en avril dernier, Viktor Orbán va si vite qu'il a laissé tout le monde sur le carreau : opposition, opinion publique, presse, chancelleries, Bruxelles... En huit petits mois seulement, le nouveau Premier ministre est en passe de devenir un autocrate exerçant un pouvoir absolu sur la Hongrie — en toute légalité.

Fort de son emprise sur le Parlement à Budapest (sa machine de guerre, le Fidesz, y tient deux tiers des sièges), il a pu modifier à répétition la Constitution, pomper dans le gisement des retraites privées, faire placarder son credo nationaliste dans tous les établissements publics du pays, distribuer des passeports aux minorités hongroises des pays voisins, savonner le pouvoir de la Haute cour de justice, nommer un champion d'escrime à la présidence de la République et, par exemple, un ancien Hell's Angel des "Motard Goy" à la tête de Radio Petöfi, la meilleure station musicale du pays.

Sur Radio Kossuth, le France Inter magyar, un journaliste a eu le courage de faire une minute de silence à l'antenne après avoir annoncé la création d'une Autorité nationale des médias et des communications (NMHH) contrôlée majoritairement par le Fidesz d'Orbán : tous les médias, publics comme privés, devront corriger des informations jugées erronées par la NMHH, sous peine de très lourdes amendes «pour manque d’objectivité politique». Depuis son acte héroïque, on n'entend plus guère le brave homme sur les ondes de Radio Kossuth, il doit être en train de songer à une reconversion radicale.

Maigres protestations : plusieurs journaux sont parus mardi dernier avec une première page vide – mais la manifestation qui a suivi n'a rassemblé que 1500 personnes. Les Hongrois sont fatigués de la politique, et Viktor en profite pour courir sur d'autres dossiers. Par exemple l'éviction du metteur en scène Robert Alföldi de la direction du Théâtre National, après qu'un parti d'extrême droite ouvertement anti-rom et anti-juif a réclamé sa tête parce qu'il était "une pédale, un pervers, un Juif indigne du théâtre national" (> pétition internationale de soutien).

Ah oui, encore une chose : la Hongrie prend la présidence tournante de l'UE au 1er janvier. Viktor sera au centre de la photo. Bonne et heureuse année en Europe !

Alertez les bébés



Simone a besoin d’un passeport pour monter dans l’avion. Précision : Simone a 9 mois. A cet âge là, il n’y a pas si longtemps, on ajoutait son nom sur les papiers de papa et maman, mais c’est terminé. La faute à papa et maman qui ne s’aiment plus comme avant, ou bien la faute aux terroristes qui font péter les avions ? On ne sait pas. Deux photos d’identité sont nécessaires. Direction le photomaton. Simone a tout de même de la chance, dans notre monde cruel les petites boîtes à rideau ne cachent plus de curés.
« Il faut que l’enfant soit de face, ne sourie pas, qu’elle n’ait pas la bouche ouverte et qu’on ne voie pas vos mains madame » a précisé l’employé de la Préfecture.
Madame, c’est la mère. Elle tourne le tabouret au maximum, le plus haut possible pour atteindre le viseur. Ne bouge pas Simone, tu vas tomber. « Qu’on ne voie pas vos mains madame ».  Ah oui, la tenir à bout de bras. Au niveau de la couche humide ça devrait aller. On appuie. Non Simone ne regarde pas maman ! Clic. Trop tard. Beau profil de Simone. Remettre quatre euros.  Non Simone ne lève pas le bras ! L’autre non plus ! Ne bouge pas. Là c’est bien, on appuie. Non Simone ne souris pas !  C’est interdit ! Clic. Quatre euros encore. Non ne rigole pas ! C’est pas drôle. Faut que tu aies peur Simone, comme tout le monde ! 
Vingt euros plus tard, la crampe au bras et la couche nettement plus humide,  enfin une planche correcte. Retour vers l’employée de la préfecture qui sort son décimètre et mesure entre les deux oreilles : « 4 millimètres trop court. A refaire ». En voiture Simone.  

Christophe Alévêque repasse l'actu - 7


Le tri sélectif

Christophe Alévêque repasse l'actu,le tri sélectif,ventscontraires.net,théâtre du Rond-Point
 

Confort et Sécurité


Lu dans un cinéma, mercredi 6 octobre 2010
"Pour votre confort et votre sécurité, le cinéma est placé sous surveillance enregistrée."
Bientôt partout en France?
Pour votre confort et votre sécurité,
  • vos enfants
  • vos voisins  
  • vos maris  
  • vos femmes  
  • vos amants  
  • vos amantes 
  • vos banquiers 
  • vos voitures  
  • autre (précisez): ....................
seront placés sous surveillance enregistrée
(biffez mentions inutiles et renvoyer le document au ministère de l’Intérieur affranchi au tarif en vigueur).
Eric Coco
Internaute




 

SMS : désactiver le Noodle


Opérateurs téléphoniques : il y a de quoi se suicider
Un type vient de m’appeler de Queenstown, une petite île au sud de la Nouvelle Zélande, pour me prévenir que la messagerie de son portable est envahie par des SMS envoyés en masse depuis mon numéro.
Ils contiennent des slogans contre les multinationales, le pouvoir de la finance, enfin ce genre de choses. Ces messages sont si nombreux qu’ils bloquent son appareil. Ils viennent tous de chez moi. Inutile de préciser que je ne lui ai jamais rien envoyé, qu'il doit s’agir d’un genre inédit de spams particulièrement vicieux car ils pompent votre compte en banque. Mon interlocuteur néo-zélandais a bien sûr appelé son opérateur pour arrêter l’invasion, en pure perte. Alors, en cherchant sur Internet, il a trouvé un forum mentionnant ce nouveau type de propagande virale. Une parade existe : il faut demander à son opérateur qu’il « désactive le noodle ». C’est à l’émetteur faire opposition. 

On ne tombe jamais sur la même personne, c’est strictement impossible, le logiciel dans lequel ces téléconseillers sont enfermés y veille scrupuleusement. Je leur ai à tous demandé de me désactiver le noodle. Je pense que ce terme ne figure pas dans la section du logiciel à laquelle ils ont accès. Au lieu de traiter la question, ils me serinent un laïus prémâché pour me vendre de nouvelles options, de nouveaux avantages, de nouveaux cadeaux qu’il serait complètement abracadabrant de ne pas accepter. Cerise sur le gâteau, ils me demandent avec une voix faussement enjouée si j’ai été satisfait de notre échange. Et moi, lassé de répondre : « oui oui… » par solidarité,  je craque, j’exige que me soit passé le chef, un spécialiste, un responsable. Ils aimeraient pouvoir le faire. Ils ne le peuvent pas. Le logiciel refuse.

Je hurle : « – Ecoute bien mon garçon : l’argumentaire que tu me dévides, le kit de conversation qui te sort du gosier, tout a été écrit de A à Z, tu en conviens ? Et tu sais par qui ? – là je me suis mis en conférence audio pour que Gabor en perde pas une miette – tu ferais bien de relire la Typologie de la Clientèle qui doit être rangée dans ton premier tiroir à droite. Elle est de moi, oui, c’est moi qui l’ai écrite quand, comme toi, j’étais vacataire, free lance, intermittent mercenaire au service de la Marque, bombardé responsable junior de je ne sais quelle étude qualitative ou quantitative ou prédictive ou allez vous faire foutre. C’est moi le père de ton foutu laïus. Relis ta bouffonne Typologie de la Clientèle et tu verras que je fais partie du 1% de Prescripteurs AAA+++, me prends plus pour une andouille B ou C, me parle plus avec ce sourire en carton. Et cette fois-ci j’espère bien que notre conversation est enregistrée, écoute bien : tant pis si ça doit me ruiner, mais j’enverrai moi-même une vague de SMS à tous mes contacts racontant cette histoire, avant d’aller me coucher ».

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