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"Iranians we love you"... "Israeli people we love you"


Fraternisation en ligne avant une guerre annoncée

Les élections israéliennes et américaines approchant, le gouvernement Netanyahu prépare son opinion à une possible attaque contre l'Iran. En face Ahmadinejad promet des représailles dévastatrices... Mais qu'en pensent les citoyens des deux pays ? Avec le succès du film iranien "Une séparation" actuellement sur les écrans en Israël, conscients qu'Iraniens et Israéliens ont plus de points communs qu'on ne veut bien le leur dire, Ronnie Edri et Michal Tamir, deux graphistes à Tel-Aviv, ont choisi d'adresser un message pacifique à leurs voisins via Facebook : "Iraniens, nous vous aimons, nous ne bombarderons jamais votre pays". De nombreux Israéliens ont repris le même appel en y insérant leur photo. Très vite la réponse des Iraniens a été massive : "Israeli people we love you". Cette fraternisation en ligne entre simples citoyens veut aujourd'hui aller au-delà de Facebook, comme Ronnie Edri le dit (en anglais) dans la vidéo ci-dessus. Ventscontraires.net reprend avec un grand plaisir son appel. A vous de le relancer plus loin.

Un bête d'instrument de musique



Si tu veux sonner de l'éléphant, libre à toi. Mais n'exige pas de nous, s'il te plaît, que nous t'appelions Roland de Roncevaux. Ce dernier, en effet, comme nous l'apprend La chanson de Roland, avait plutôt choisi de souffler dans un olifant, et ceci aux alentours de 778. Ce qui est à la fois plus réaliste, et plus harmonieux mais qui, cependant, n'empêche pas de mourir à la fin. Avec un éléphant — de bonne composition — Roland aurait pu se faire transporter jusqu'à l'hôpital le plus proche et ne pas décéder bêtement, comme ça, sur le champ de bataille au milieu d'affreux cadavres de toutes sortes, à la fois sales et malodorants.
 

Interception téléphonique n°B-2546+13



"Ecoutez, monsieur le ministre...
- Allons, cher ami, pas de ça entre nous ! Votre jugement m'est précieux, laissons le reste de côté...
- Je trouve... qu'effectivement... il a... un peu... exagéré...
- Un peu exagéré ? Vous avez lu le livre, vraiment ?
- Parcouru, seulement parcouru...
- Et bien moi, je l'ai lu. Il n'y a que le titre de bon. Et encore, Je ne ferai plus la guerre en débardeur aurait été meilleur... Tout le reste pue l'orgueil incommensurable. A le lire, il a tout fait : lancé la rébellion, abattu les hélicoptères, libéré Tripoli, déniché Kadhafi ! Et vous l'avez vu, avec sa chemise blanche immaculée et ses lunettes noires ? Il est grotesque ! 
- Absolument grotesque, monsieur le ministre !
- Pas une fois, il ne me cite, pas une fois ! Quel enfant gâté ! Vouloir tirer la couverture médiatique à soi, de cette façon, constamment... Et sur le dos de ces pauvres gens ! 
- Il aime passer pour un humaniste alors qu'il n'est qu'un égoïste...
- J'aime vous l'entendre dire ! J'aime votre sens de la formule ! N'ai-je pas moi-même écrit sur mon blog que faire tomber cette dictature inique [...] [...] l’honneur de la France [...] [...] [...] et il n'y en aurait que pour lui ?
Stéphane Monnet
Internaute




 

Gaspard Proust : "Il y a une guerre cachée souterraine"


Gaspard Proust : "Il y a une guerre cachée souterraine", ventscontraires.net, Théâtre du Rond-Point

Aux amis de la poésie


Avant chaque bataille décisive, le soldat Martin aimait lire quelques poèmes de Baudelaire ou de Rimbaud, voire d'Apollinaire. Ces saines lectures savaient lui donner le courage nécessaire pour aller étriper les ennemis d'en face, ces salauds qui ne méritaient aucune pitié.

La guerre des os


Histoires d'Os 12
La Guerre des os a bel et bien existé. Authentique western paléontologique qui opposa dans les années 1870, deux anciens amis, Edward Cope et Othniel Marsh, professeurs émérites des universités de Pennsylvanie et de Yale, lancés dans une guerre fratricide dont les nombreux cadavres gisaient au sein des sédiments des contrées inhospitalières de l’ouest.  Leur différend avait débuté le jour où le premier ayant invité le second à venir admirer sa nouvelle découverte - un dinosaure marin nommé Elasmosaurus - se vit reprocher par son confrère d’avoir négligemment placé le crâne de l’animal à l’extrémité de sa queue. Cette remarque avisée ne devait pas flatter le savant susceptible qui en prit ombrage et les deux hommes brouillés à vie se livrèrent, à sa suite, une concurrence impitoyable dont le but inavoué était de découvrir le plus grand nombre de dinosaures.  Au cours de cette course au fossile, tous les coups ont été permis, jusqu’à monnayer les services de l’illustre Buffalo Bill et de quelques guerriers crows familiers du terrain. On cachait à l’équipe adverse l’emplacement de ses fouilles, on missionnait chez elle des espions et des saboteurs déguisés en paisibles migrants et on pratiquait la débauche au sein des fouilleurs de l’autre camp. On allait même jusqu’à détruire les découvertes de l’adversaire et les coups de poings volaient aussi bas que les ptérodactyles. Tout juste si on évitait les échanges de coups de feu !  Après trente années de conflit, cette guerre des os devait prendre fin avec le décès d’Edward Cope. Elle se soldait par l’invention de plus de 80 espèces nouvelles de dinosaures  Dont le célèbre Diplodocus qui en sourit encore.

Construire sa victoire



Une forteresse assiégée du XIIe siècle, ne disposant plus de boulets pour ses catapultes, fut contrainte d'utiliser, en guise de munitions, les pierres de ses habitations puis celles de ses remparts. Une fois ce stock épuisé, que découvrirent, ébahis, nos assiégés ? Qu'ils avaient reconstruit leur forteresse autour des troupes assaillantes. « La situation semble s'être inversée », en conclurent-ils, logiquement. Ils ajoutèrent aussitôt après « Partons donc à l'assaut de la forteresse ennemie ! » Et ils remportèrent le combat. De telles choses, de nos jours, bien évidemment, ne seraient plus possibles. Doit-on le regretter, s'en réjouir ou aller boire un vermouth chez le barman Serge ?

Bande de zouaves, faites des fouilles, pas la guerre !


Histoires d'os 9
Lors de l'expédition franco-anglaise des Dardanelles, plusieurs unités d'infanterie de la fameuse Armée d'Orient débarquèrent à Thessalonique et des régiments de zouaves furent expédiés dans les ravins de la campagne macédonienne pour y aménager des ouvrages de défense. Ces travaux de terrassement dont on ne critiquera pas l'intérêt défensif eurent un résultat inédit que n'avaient pas envisagé les stratèges de l'état major. Celui de mettre à jour une importante quantité d'ossements appartenant à des girafes, des antilopes et autres petits chevaux fossiles datant du Pliocène.
Cette remarquable découverte aurait pu échapper à la sagacité de ses inventeurs à culotte bouffante si l'un des officiers qui commandaient le détachement n'avait été paléontologue avant son incorporation. Il s'appelait Camille Arambourg et possédait un rare talent pour convaincre ses supérieurs d’affecter une partie des troupes au service de la cause scientifique.
Une importante collection de fossiles fut ainsi recueillie par une compagnie de zouaves, lesquels abandonnèrent durant quelques semaines leur baïonnette et leur fusil Chassepot afin de se consacrer à une activité beaucoup moins belliqueuse. Ces gisements de Macédoine conservent le souvenir de leur participation aux fouilles et aujourd’hui encore, des sites fossilifères demeurent appelés Ravin des Zouaves.

Fred Pellerin : le Québec va attaquer la France !


Fred Pellerin,neige,ventscontraires.net,Théâtre du Rond-Point
Fred Pellerin est conteur. C'est dire s'il a de l'imagination. Originaire de Saint-Elie-de-Caxton, petit village québécois où, l'hiver, trois mètres de neige recouvrent les tombes du cimetière, il a trouvé une idée pour envahir la France. Il a aussi de l'avenir au ministère de la Défense.
Et semble avoir décidé depuis quelques jours de passer à l'action. Visiblement, sa tactique est bonne.

> suite

Les corporacistes


Jean-Claude Suco : enquête sur la vie des gens


Antoine Leman par Jake Raynal

Mazen Kerbaj : "Il faut rire de tout, surtout de ce dont on ne peut pas rire"


Un dessinateur libanais en résidence au Rond-Point
Illustrateur de presse, croqueur de BD, open trompettiste et peintre sur carnets de note, Mazen Kerbaj s'éloigne de Beyrouth en septembre-octobre pour s?acoquiner pendant deux mois avec l'équipe de ventscontraires.net. Premier contact
Le Théâtre du Rond-Point développe depuis plusieurs années une thématique autour du rire de résistance. C'est quoi pour toi, le rire de résistance ?
Je suis né en 1975 avec la guerre civile qui a fini en 1990. J'ai donc vécu mes premières années en guerre civile. Depuis on dit que c'est la paix au Liban, mais il y a eu quelques petites guerres depuis. Quand on vit à Beyrouth, on n'est jamais vraiment en temps de paix, on est toujours en guerre ou entre deux guerres et on ne sait jamais quand la prochaine va arriver. Cependant je dois dire que je suis bien content de vivre là-bas malgré tout. C'est une vie où on exprérimente chaque jour que le rire et la résistance sont deux choses qui vont naturellement ensemble. La résistance contre la folie qu'il y a autour, contre la réalité dont on ne peut s'échapper, contre la guerre, la politique, la corruption... Il n'y a pas d?autre solution, il faut absolument rire de tout, surtout de ce dont on ne peut pas rire. Je ne peux résister que par le rire et mon rire ne peut être qu'un rire de résistance dans le sens où il est toujours opposé à une situation le plus souvent lugubre, déprimante et pas drôle du tout à laquelle je réponds par quelque chose de drôle. J'ai rarement eudes idées drôles dans l'absolu, pour elles-mêmes, c'est vraiment en réaction. Mon rire et celui que j'essaie de déclencher sont forcément de résistance. Bien sûr, en temps de guerre, tu ne peux pas parler des coquelicots, tu vas parler de la situation que tu vis et combattre cette situation par ton art. Mais je déteste l'idée de l'artiste engagé avec un message à faire passer. Je trouve ça assez péremptoire. Si un artiste veut donner son avis sur la politique je ne suis pas contre, mais qu'après il se positionne en porte-étendard, je trouve ça complètement ridicule. L'art n'a pas à jouer un tel rôle. Même les artistes qui se sont fait emprisonner, torturer, assassiner sous des régimes dictatoriaux étaient avant tout des artistes. > Mazen Kerbaj, rencontre-mini concert à la librairie du Rond-Point le samedi 17 septembre à 18h30 et exposition jusqu'au 14 octobre 2011
En partenariat avec les associations libanaises ASSABIL, les amis des bibliothèques publiques, et KITABAT, association pour le développement des ateliers d'écriture, et avec le soutien financier de la Région Ile-de-France

Gloussaire : "Minitaire"


Minitaire : (nm) 1) Soldat de plomb 2) Enfant-soldat.
Réflexion antiminitariste : "Dans certains pays, les enfants jouent à la guerre. Dans d'autres, la guerre joue avec des enfants"
 

Mais où est donc passée la 7ème compagnie ?


La France envoie des troupes spéciales en Libye

SB LE SNIPER
Internaute




 

Pas de sushi


Au restaurant japonais, Jean Moulin prenait toujours le Maki comme plat de résistance.

Sylvestre


Sylvestre

Les amis qui viennent au Liban sont toujours sidérés de voir comment on arrive à vivre dans ce foutoir


Dans quel état est le Liban ? Lamentable à tous les niveaux, notamment au niveau gouvernemental et de l'Etat. Mais j’oserais dire qu’on est habitué à vivre dans cette merde, on s’en arrange très bien. Les amis qui viennent sont toujours sidérés de voir comment on arrive à vivre dans ce foutoir. Mais en même temps, on n’a pas Hadopi, on télécharge gratuitement, tu peux acheter n’importe quel nouveau programme pour 1$. Tu peux fuir les impôts sans problème, tout le monde s’en fout. De toute façon, la corruption passe au-dessus de tout ça. C’est des petites conneries qui contrebalancent la merde dans laquelle on vit et qui font qu’on est bien content de vivre là-bas. C’est bien sûr affreux, la corruption dans l’Etat. Mais d'un côté, la vie de tous les jours est un peu moins prise de tête qu’en Europe. Si à trois heures du matin tu arrives à un feu rouge et qu’il n’y a personne, tu peux passer. Même s’il y a un policier. Tu as encore ton libre-arbitre. Mais, on vit aussi dans un état d’entre-deux-guerres. On ne sait pas d’où elle va venir : est-ce que c’est d’Israël ? Est-ce que c’est une guerre civile ? Il y a plein de scénarios possibles et ça, c’est dur. Depuis qu’on est jeune, au Liban, on a appris à ne pas faire de projets à long terme. Dans trois ans, il y a de fortes chances que tu ne sois plus ici ou que tu ne sois plus du tout. C’est une vie au jour le jour et je m’en arrange très bien. Quand j'étais plus jeune, je voulais venir en France ou en Belgique, dans un pays francophone où j’aurais pu faire de la bande dessinée. Mais en voyageant avec les tournées de musique, j’ai découvert que ça n'est pas mieux ailleurs. Bien sûr ici il y a des subventions pour la culture, il n’y a pas de guerre. Mais en contrepartie, il y a aussi de moins bonnes choses.
> Mazen Kerbaj "Gens de Beyrouth - gens de Paris", exposition à la librairie du Théâtre du Rond-Point jusqu'au 14 octobre 2011
En partenariat avec les associations libanaises ASSABIL, les amis des bibliothèques publiques, et KITABAT, association pour le développement des ateliers d'écriture, et avec le soutien financier de la Région Ile-de-France

"Je tiens sincèrement possible d'arranger la situation absurde de l'Europe par une sorte d'éclat de rire historico-mondial, sans même avoir besoin de faire couler une seule goutte de sang."


Friedrich Nietzsche

Lettre à Jean Bourdeau, 1er janvier 1889 (traduction Yannick Souladié, Nietzsche derniers lettres, éditions Manucius 2011)
 
 
 
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