"Vous m'emm... mènerez pas sur ce terrain"
Jean-Louis Borloo, Canal +, dimanche 1 er novembre 2010.
En
fait de terrain, c’était du verglacé. Poussé dans ses derniers retranchements sur
les vacheries proférées à son égard par le premier ministre en place, le
ministre de l’Ecologie a failli verser dans le fossé. A la 36e minute de l’émission
"Canal + dimanche", son quart de seconde d’hésitation entre la première et la
deuxième syllabe du verbe emmener, lui aurait valu plus qu’un quart d’heure de
célébrité s’il avait poursuivi sur ce qu’il avait manifestement en tête (et en
bouche) à l’intention de la journaliste : "Vous m’emmerdez avec
vos questions." Des
psycho-linguistes avanceront que le choc des syllabes et le poids des impensés
sont facteurs de grands vertiges intérieurs. On l’avait déjà observé avec "inflation" et "fellation" (R. Dati) ou encore "ministre" et "premier ministre" (L. Chatel). Mais cela n’explique pas tout. Quand Hervé Morin déclare sur Beur-FM que « c’est
difficile d’expliquer à des cons… à des.. hommes et des femmes… » la guerre
en Afghanistan, c’est le sur-moi du ministre de la Défense qui a déserté.
Jean-Louis
Borloo, qui avait perdu des points en se conduisant en planqué durant la guerre
du carburant, a donc failli voir sombrer dans le ridicule son ambition
primo-ministérielle. Mais il aurait été dommage d’être prématurément privé d’un
homme public dont le « calme » affiché est aussi trompeur. Ça bout du dessous chez Borloo, et cela
devrait fuser, pour notre grand ravissement, s’il est encore plus sous pression à Matignon.