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Ce jour là, à cet instant


Ce jour là, à cet instant, Cioran n'a pas gardé en tête la ruine d'un sourire. Ce jour là, à cet instant, le bob de Cioran glissait légèrement sur le côté gauche de son visage. Ce jour là, à cet instant, Cioran se sentait beau et léger comme une bête dans sa viande. Ce jour là, à cet instant, Cioran songea a proférer une petite blagounette sur la statue dans la vitrine. Ce jour là, à cet instant, Cioran se reprit et plissa ses yeux inondés de trop de lumière. Ce jour là, à cet instant, une odeur d'échoppe se mêlait aux parfums de croissant qui dévalaient l'avenue. Ce jour là, à cet instant, Cioran aurait tout donné pour savoir jouer du piano ou faire un salto arrière. Ce jour là, à cet instant, Cioran aperçu le petit grain de beauté dans le cou de son amie. Ce jour là, à cet instant, Cioran hésita entre acheter une babiole en cadeau ou se rapprocher juste assez pour sentir l'odeur des cheveux chauds. Ce jour là, à cet instant, Cioran ne connaissait ni l'heure ni la température et il aurait fallu quelques instants pour qu'il se remémore la date exacte. Ce jour là, à cet instant, le jour ne ressemblait pas à un compte à rebours. Ce jour là, à cet instant, Cioran n'écrivit rien.

"Slameurs, rappeurs, encore un effort pour être poètes!"


Jean-Pierre Verheggen et Jacques Bonnaffé lancent un défi

Vous avez trois possibilités :
1° En réponse à ce défi, renvoyez comme une gifle votre propre slam à ventscontraires.net
2° Venez écouter les 14, 15, 16 septembre prochains au Rond-Point Jacques Bonnaffé lire Poète bin qu'oui poète bin qu'non ? du Belge Jean-Pierre Verheggen
3° = 1° + 2°

L'Almanach de l'auteur dramatique - mai


En hommage à Alexandre Vialatte qui ne l'était pas

Mai. Si le mois débute par un jeudi ou un orage, l'auteur dramatique a tendance à écrire en alexandrins, sinon il va à la pêche. Les jours fériés qui prolifèrent l'obligent à avoir une opinion politique, ce qui le contrarie. Si l'auteur dramatique habite dans le Beauce, il s'habille d'une chemise à manches courtes et d'un pantalon bleu pâle pour séduire les paysannes qui apparaissent dès les premières chaleurs. Il se lève d'un bond et se couche en chien de fusil. Son meuble préféré est le tabouret, son membre favori la jambe et sa banque hollandaise.

Libérez la fiction !


Quand j’étais gosse, le dimanche chez ma grand-mère, je m’ennuyais ferme, je lisais tout ce qui me tombait sous la main. Ses magazines, parfois. Je me souviens, j’étais frappée par la mention Vu à la télé qui ornait les publicités. Dans les années 70, coller ce bandeau sur un produit c’était lui attribuer un sacré gage de fiabilité, la légion d’honneur. Ça faisait vendre. Depuis quelque temps, un label du même genre est apparu, sur les affiches de films. Vous avez le choix entre Inspiré de faits réels ou D’après une histoire vraie. Cette étiquette est elle aussi censée rassurer. Elle dit au spectateur : « Attention l’ami, ce que tu vas voir n’est pas né de l’imagination féconde d’un artiste, parle pas de malheur, c’est arrivé pour de bon. Certes, un scribouillard a mis l’histoire en forme, mais elle aurait pu être écrite par un autre, car l’auteur là on s’en tape. L’essentiel c’est que TOUT ce qu’on te raconte soit vrai. » Ce label Vrai de chez vrai, il me hérisse, et je reste polie. Pourquoi la réalité serait-elle plus intéressante que la fiction ? D’où ça sort, qui l’a décrété ? C’est juste une manière de museler les créateurs en laissant entendre qu’ils n’ont plus rien à dire, une façon sournoise d’endormir les spectateurs aussi, de bouter l’inventivité hors de la cité. La vraie vie est un matériau superbe, on le sait merci, mais elle n’est pas l’œuvre finale. Un artiste s’en nourrit par bouchées mais après il la digère, il la recrache avec ses tripes à lui, son point de vue. Créer n’est pas recopier. Jusqu’à présent, il semble que le théâtre soit à peu près épargné par ce fléau. Tant mieux. Car je ne veux pas savoir si Othello a existé en chair et en os, je me fous de croiser Vladimir et Estragon sur le trottoir d’en face. En vérité je vous le dis : j’ai horreur du réel !

L'Almanach de l'auteur dramatique - janvier


En hommage à Alexandre Vialatte qui ne l'était pas

Janvier est un bon mois pour l'auteur dramatique. Il porte des culottes chaudes, marche dans la neige et oublie le 17 de téléphoner à sa soeur Roseline dont c'est la fête. Les pièces qu'il écrit entre le 9 et le 28 sont lourdes et chaudes mais digestes. Ses personnages ont le caractère savoyard voire espagnol si le temps est clair. L'auteur dramatique s'il n'a pas la fève en souffre plus que la plupart des gens. C'est sa faiblesse, il la connaît, il évite donc les repas en famillele jour de l'Epiphanie. En janvier il se lève à 8h45 et se couche à 22h10. Son animal préféré est le canard, son jour favori le mardi et la chanson qu'il fredonne est turque.

Extrait de Multilogues suivi de Si Dieu le veut, © Actes Sud, 2006.
http://www.actes-sud.fr/ficheisbn.php?isbn=9782742760701





 

L'empereur des mots


Slam qui se la pète

Je veux parler sans accroc
Sans accrocher les mots
Être capable de déverser tel un flot de lait
Un flow de lettres et de voyelles qu'on sonne
De consonnes qui riment sans frime ni trimer peut-être un peu ramer
Un beau rameau d'olivier encastré sur ma te-té
 
Nouvel empereur des mots
Peureux des morts et marre des vivants
César des césures
Kaiser des cassures
Tsar star des stances
Qui met le feu dans l'assistance
Et si j’bégaye pas et que j’t'égaye toi
J’ai gagné ma soirée alors souriez c'est si rare c'est si beau
Cécile me manque mais je fais abstraction pour ne pas perdre votre attention
 
Virtuose de la prose je décompose les mots des maux
Démodés mon flow mon phrasé
NON emphasés hyperbolés oxymorés métaphoriqués alambiqués
Je transforme en or les fers
Je libère les mots dans l'atmosphère
Alchimiste activiste intégriste du verbe
J’aime quand le sens est poétique lyrique cosmique comique atypique
Ah on s'pique vite au rythme de la rime dynamique
Qui revient comme le TAC après le TIC
TAC TIC TAC TIC TAC TIC
J'astique les mots pour qu'ils brillent à la lueur du micro
ESCROC
 Ce texte n'est pas de moi je l'ai chopé dans le dico
Cambrioleur de litotes
Violeur de définitions
Profanateur d'expressions
Pourfendeur de profondeur mon texte est creux comme du Leerdamer
Mais messieurs dames ayez du coeur je veux votre bonheur
Pas un slam malsain ni un slam fast
Qui fasse maigrir les idéaux rétrécir les esprits
Je suis aware pas avare
Mais bavard barbu
Plus Babar que shiatsu
Mes cafards je les chasse devant Lamu
 
Je n’ai pas mauvaise réputation à part en diction
Alors je modère mon choix de mots pour pas chuinter ni chuter
Ni chanter petit bémol de ma vie privée
Pas dépravée ni dépourvue
 Je ne vis pas dans la rue
Sinon ça aurait été un bon jet-su
 
Je sue
Je sens que la fin est proche
Faudrait que je raccroche
Avant que je ne déclenche une clameur d'ennui
Non ce n’est pas fini
Faudra me bâillonner plus un coup de baïonnette
Et me finir à la mitraillette
Et si un jour je découvre que dans cette nation
Existe la liberté d'expression
J’aurai enfin trouvé une bonne raison
De me taire
Astien Bosche
Internaute




 
 

L'écrivain roulant


Depuis qu'il avait croisé la route de « l’écrivain roulant », un  certain « Raymond Rousel, et admiré son « palace motorisé », l'abbé Bougie avait construit de ses propres mains – et  comme Saint François avant lui – une église à roulettes qui lui permettait de confesser les pires pêcheurs à toute vitesse. L'édifice chahutait quelquefois, mais c'était pour la bonne cause. Quant à la pollution, elle se résumait à quelques traînées d'encens que les bigots pouvaient suivre à la trace.
 
N.B. Raymond Roussel (1877-1933), dandy, échequéphile et fantasque, fut sans doute le premier écrivain nomade à écrire en roulant. En 1925, il fait construire un petite palace sur roues ou voiture villa (une Rolls d'après ce que l'on sait) conçue à grands frais par un carrossier ingénieux et un décorateur inspiré. L'écrivain parcourut alors l'Europe durant deux ans avec Charlotte Dufrêne, sa maîtresse officielle. La décoration était raffinée et le confort moderne à l’image de la baignoire pour l'hygiène et du bar pour la soif. L'abus des drogues et alcools rendait le long voyage encore plus extatique. Puis l'écrivain se lassa. Personne ne sait ce qu'est devenu le mythique véhicule.
Eric Poindron
Internaute




 

Marie Nimier et Karelle Prugnaud en flagrant délit de promo


Marie Nimier et Karelle Prugnaud en flagrant délit de promo ventscontraires.net Théâtre du Rond-Point
Karelle Prugnaud met en scène La Confusion de Marie Nimier. Pour ventscontraires.net, elles nous parlent de la pièce, de leur collaboration et se laissent même aller à une promo éhontée. Mais comme elles sont vraiment trop cute, on les a laissées faire.

Comment êtes-vous passée de l’écriture romanesque à l’écriture théâtrale ?

Marie Nimier : J’ai toujours voulu écrire pour le théâtre. Le théâtre m’a toujours plu et intimidée. Adolescente, je découvrais les univers de Robert Wilson et d’Ariane Mnouchkine, ce fut le coup de foudre. La scène pour moi a toujours été associée à la vie, au partage, à l’aventure collective, alors que le roman avait quelque chose à voir avec la solitude et la mort. Grâce au chorégraphe Dominique Boivin, j’ai fait mes premiers pas en crabe vers la scène, le spectacle s’appelait A quoi tu penses ?, ce fut une expérience exaltante. J’étais à la recherche d’une parole fluide, mais faite de reprises, d’atermoiements, intimement liée aux mouvements des danseurs et encore proche du monologue romanesque. J’étais encore trop effrayée pour passer à l’acte d’écrire vraiment pour le théâtre, jusqu’à ce que la publication de La Reine du silence m’offre les commodités financières et la disponibilité de me consacrer à un projet nouveau. J’avais un an devant moi, je m’y suis mise, je n’avais aucune obligation de résultat, j’avais seulement les moyens et le temps de m’y consacrer. J’ai écrit alors mes deux premières pièces La Confusion, puis Adoptez un écrivain (éditions Actes sud Théâtres). Aujourd’hui, je reviens fouler les sols du Théâtre du Rond-Point où je faisais, gamine, du patin à glace ! C’est un ancien territoire de glisse qui m’émeut beaucoup. J’ai l’impression de retrouver quelque chose d’essentiel, qui tient à la fois de l’enfance et de l’accomplissement. Je reviens dans ce lieu chargé d’images, je me sens faite de tous ces mélanges, de toutes ces histoires, et cela prend soudain un drôle de sens… Comme si quelque chose s’était incarnée, c’est ça, avec le passage à la scène, grâce à toute une équipe, quelque chose de moi prend corps, quelque chose de moi, qui n’est pas moi. C’est la vie même, non ?

Faites-vous, avec le texte de Marie Nimier, plutôt du théâtre, de la danse, du cirque, une performance ?

Karelle Prugnaud : Cette fois-ci, nous investissons l’unité de lieu théâtral, celui qu’apporte le texte de Marie, pour tenter d’y élaborer un travail performatif. Une boîte où les images se construisent et déconstruisent sous l’oeil du spectateur. Partir du réel, de l’hypra réalisme, du théâtre de situation pour tenter de le faire basculer dans l’imaginaire. En mélangeant des codes, des genres.Nous travaillons avec des artistes venant de différents horizons : le dessinateur Mickael Pecot Kleiner, le vidéaste Maximilien Dumesnil, les musiciens Bob x et Fabien Kanou... Marcher sur le fil du réel en tentant de le faire basculer. Le texte de Marie est un texte de théâtre, nous allons donc faire du théâtre. Mais un théâtre sur le fil...

(Propos recueillis par Pierre Notte)  

L'Almanach de l'auteur dramatique - juillet-août


En hommage à Alexandre Vialatte qui ne l'était pas

Pour ne vexer ni César ni Auguste, l'auteur dramatique ne dissocie jamais juillet et août. Pour lui c'est un seul mois, comme Roux et Combaluzier sont un seul ascenseur. A cette période les mathématiques lui semblent accessibles, la fabrication de l'huile d'olive aussi. C'est souvent son anniversaire quand ce n'est pas en décembre. Il se lève à la belle étoile et se couche sous les nuages. Son numéro de téléphone préféré se termine par un 4, son musicien favori est Erik Satie et son ami d'enfance est bègue.

Extrait de Multilogues suivi de Si Dieu le veut, © Actes Sud, 2006.

Charité intermittente



Devant le théâtre, un mendiant fait la manche :
« Z’auriez pas une petite pièce en un acte, SVP ? »

L'Almanach de l'auteur dramatique - mars


En hommage à Alexandre Vialatte qui ne l'était pas

En mars l'auteur dramatique écrit sous son lit, fréquente des amis belges et ne vas pas chercher ses recommandés à la poste. L'arrivée du printemps guérit son eczéma mais n'augmente pas son talent. Ses pièces de mars sont des comédies graves qui parlent de l'impossibilité d'être un héron ou de la place considérable que prennent ses voisins dans son existence. Il ne se lève pas, de peur de se cogner la tête contre son sommier. Sa fleur préférée est le pétunia, son médecin favori le gastro-entérologue et la voiture qu'il conduit est cassée.

Extrait de Multilogues suivi de Si Dieu le veut, © Actes Sud, 2006.
http://www.actes-sud.fr/ficheisbn.php?isbn=9782742760701

L'Almanach de l'auteur dramatique - décembre


En hommage à Alexandre Vialatte qui ne l'était pas

Décembre. L'auteur dramatique ne va jamais à la plage à Noël. Il aime offrir à ses amis proches des cendriers. C'est le mois où, comme le bousier sa crotte, il porte sa famille sur le dos le soir du réveillon. Il a envie d'écrire une comédie sur la Sainte Vierge mais n'ose pas, alors il fume la pipe. Souvent il s'endort l'après-midi et rêve qu'il est une cerise. Il se lève parce qu'il le faut bien et se couche sans s'en apercevoir. Sa ville préférée est Paris, son plaisir favori Paris et l'endroit où il vit est Paris.

Extrait de Multilogues suivi de Si Dieu le veut, © Actes Sud, 2006.
http://www.actes-sud.fr/ficheisbn.php?isbn=9782742760701



L'Almanach de l'auteur dramatique - novembre


En hommage à Alexandre Vialatte qui ne l'était pas

Novembre. S'il se rend volontiers à l'enterrement d'un critique, l'auteur dramatique rechigne à assister au défilé du 11 Novembre. A la Toussaint, la coutume veut qu'il marie son fils, batte sa fille et quitte sa femme. C'est le moment de l'année où naît en lui l'idée que le bon et le mauvais se valent, ce qui lui permet d'envisager une postérité pour son oeuvre. Il est heureux aux alentours du 25, inquiet le 12 et le 26 et se laisse pousser la barbe vers le 17. Il se lève comme tout le monde et se couche sans attendre les autres. Son accent préféré est le circonflexe, sa bataille favorite Austerlitz et les chaussures qu'il porte sont waterproof.


Extrait de Multilogues suivi de Si Dieu le veut, © Actes Sud, 2006.
http://www.actes-sud.fr/ficheisbn.php?isbn=9782742760701



 

Des fraises, du lait concentré et quelques orgasmes


Les Notes d'intention du jeune Edwin Beeday, auteur vivant

Sedan, le 1er novembre 2000
Cher Comité de Lecture, cher Monsieur Jean-Michel Ribes,
Vous trouverez ci-joint ma nouvelle (et première) pièce, « Des fraises, du lait concentré, et quelques orgasmes » (inspiré d’un fait réel). J’ai l’intuition, ou la prétention de croire qu’elle se coulerait naturellement dans votre programmation, qui semble accueillir avec fraicheur et courage les esprits libres comme le mien, du moins pour l’instant. J’ai vingt-trois ans et je veux ouvrir le regard, avec amour et cruauté, sur les saletés de mon, de nos nombrils, sans pointer du doigt celles des autres. 
Ma pièce, même si elle s’appuie sur le réalisme, traite surtout du vide, du manque, du temps, du doute et de tous ces états d’esprit de l’humain qui nous échappent dans le quotidien mais qu’on peut, si on le veut vraiment, atteindre le temps d’un spectacle pour mieux les comprendre. Je pense à Isabelle Carré pour le rôle de Mary, et à Serge Riaboukine pour celui du père incestueux. Je leur ai envoyé une copie de la pièce, et j’attends leur réponse. Je vous souhaite bonne lecture,

E. Beeday   

PS : Boire un grand verre de sincérité avant la lecture
Marie Payen
Internaute




 

Jacques Bonnaffé : un dernier mot avant d'entrer en scène


Jacques Bonnaffé, Jean-Pierre Verheggen,mot d'intro,ventscontraires.net,Théâtre du Rond-Point
Les 14, 15, 16 septembre à 18h30 Jacques Bonnaffé lit Poète bin qu'oui poète bin qu'non ? du Belge Jean-Pierre Verheggen.

Denis Robert : "Pourquoi accepte-t-on d'être dominé ?"


Interview
Nous avons déjà diffusé 8 épisodes de ton Bankenstein, la conférence-confidence-causerie amicale sur l'affaire Clearstream que tu nous avais donnée cet automne, avant la relaxe. Qu’est-ce que ça a représenté pour toi de venir dans un théâtre parler de tes coulisses intimes, alors que tu n’étais pas encore sorti d’affaire ?
Denis Robert : Ça a été très intéressant car cette situation (la scène, un public, un lieu chargé de cette histoire-là) crée une distance nouvelle par rapport à ce qu'on dit et ce qu'on est. Un théâtre est lieu de (plus de) liberté et d'expérimentation. On est dans un espace-temps différent. On sent qu'on doit être vrai. C'est étrange. Dans une université, à la télévision ou dans n'importe quelle salle de conférence, le rapport aux autres est plus codé. Le fait d'être dans l'incertitude (quant à l'issue des procès) créait une énergie, un humour particuliers. Même si j'ai gagné aujourd'hui contre l'hydre Clearstream, je ne suis pas sorti d'affaires. Ils refusent de payer leurs amendes, me poussent à reprendre le combat. Il faut une mission d'enquête parlementaire européenne. Il faut des relais. Si mes livres disent le vrai, et la cour de cassation m'autorise à le dire, alors les politiques, les juges, voire les citoyens doivent se saisir du problème. Sinon il faut accepter l'idée qu'on se fait plumer en toute connaissance de cause.

Qu’est-ce qui selon toi fait le lien entre toutes les activités dans lesquelles tu te lances : enquête, écriture, film, peinture, spectacle, et à présent une pièce de théâtre ? Où est le point nodal  ?
DR : Des questions centrales m'habitent et me taraudent... En voici une "Comment et pourquoi un pays aussi riche que le nôtre produit autant de pauvreté? "... En voici une autre "Pourquoi accepte-t-on d'être dominé ?"... Une troisième pour la route : "Où est la bonne information (la bonne place) dans cet univers en mouvement ?"... J'essaie de répondre... Mon métier de base, c'est l'écriture... Tout part de là... Les toiles ont existé car on m'a empêché d'écrire. Je parle de la censure de mes livres... Pour ce qui est de la bédé, c'est différent. C'est un vrai travail, la bédé demande un énorme recul et un gros effort de pédagogie. De l'humour aussi... Les chorégraphies ou le théâtre, c'est encore différent et plus nouveau pour moi. J'adore expérimenter et entre deux livres ou des toiles, travailler en équipe... Le point nodal, disons que c'est de ne jamais me répéter, ni m'ennuyer, de ne pas me soucier du regard des autres et d'avancer dans ma compréhension du monde et des hommes qui le composent. Ça fait un gros point nodal...

Le monde irait mieux s’il y avait plus de... ? Moins de...?
DR : Plus de contre-pouvoir, de danseurs et de danseuses, d'oiseaux de nuit... Moins d'oligarques, de policiers, de policières, de Jean-François Copé...

Le monde va comme il est c’est tout, on doit se battre dedans ?
DR : Certes

Qu’est-ce que ça te fait de passer ainsi ta vie dans les vents contraires ? On s’y sent plus seul ? Moins seul ?
DR : Je passe ma vie à avancer contre des vents contraires. J'essaie de tenir droit. Pour l'instant ça marche. Sans vents contraires, on se ferait bien suer...

> Denis Robert contre Bankenstein, feuilleton vidéo sur ventscontraires.net

L'Almanach de l'auteur dramatique - avril


En hommage à Alexandre Vialatte qui ne l'était pas

L'auteur dramatique est absent en avril.

Extrait de Multilogues suivi de Si Dieu le veut, © Actes Sud, 2006.

L'Almanach de l'auteur dramatique - février


En hommage à Alexandre Vialatte qui ne l'était pas

Février. C'est pendant la première quinzaine de février que l'auteur dramatique en veut à Shakespeare, Molière et Marivaux d'avoir écrit à peu près toutes les histoires qui peuvent exister entre les gens. Vers le 18, son ressentiment fait place au désir d'épouser sa cousine ou de servir dans la Royal Navy si sa cousine est un homme. L'auteur dramatique se lève rarement de bonne humeur en février sauf les années bissextiles, par contre il se couche toujours sur le dos. Son plat préféré est le pied de porc, son peintre favori Odilon Redon et le sport qu'il pratique slovaque.

Extrait de Multilogues suivi de Si Dieu le veut, © Actes Sud, 2006.
http://www.actes-sud.fr/ficheisbn.php?isbn=9782742760701



André Laude, clochard céleste


Portrait 11


André Laude est un poète qui hurle.
Il avait une barbe trés noire et des yeux de faucon.
Né en 1936 dans une famille ouvrière, il perdra sa mère à trois ans.
Se battra avec son père. Montera à Paris. Sera militant anarchiste.
Rencontrera André Breton et Benjamin Péret. Gardera dans sa peau burinée les marques de la guerre d'Algérie.
Il voyagera, ira à Cuba à la grande époque. À Alger. Redescendra à Paris pour devenir journaliste.
Il travaille dans la plupart des grands journaux et des petites revues. Il luttera toute son existence contre oppresseurs et colons.
Il écrit pour changer le monde. Il écrit avec son sang. Ne renonce ni au lyrisme ni aux idées.
Il ne collabore avec personne. Boit. Reste pauvre, malade, à la limite de l'exclusion. Il reçoit son courrier au bar du coin.
Il écrit avec ses larmes. Il écrit le ver dans le fruit.
Il meurt en 1995, seul et pauvre.
Les éditions de La Différence ont réédités ses oeuvres complêtes.
Dans La Fleur parmi les ruines, il écrit : " Le dernier mot de ce livre sera le mot : refus".

L'Almanach de l'auteur dramatique - octobre


En hommage à Alexandre Vialatte qui ne l'était pas

Octobre. Dès l'arrivée des premiers frimas, l'auteur dramatique rend visite aux directeurs de théâtre dont le chauffage marche bien. Les feuilles qui jaunissent, les jours qui s'abrègent et le salon de l'auto donnent à ses écrits une émotion particulière. Il peut attraper une bronchite. Il se lève avec les poules et se couche avec d'autres. Son héros préféré est Artaxerxès, son arme favorite l'arquebuse et ses pensées vagues abondent.


Extrait de Multilogues suivi de Si Dieu le veut, © Actes Sud, 2006.
http://www.actes-sud.fr/ficheisbn.php?isbn=9782742760701



 
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