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Skip James, clochard céleste


Portrait 30
La flamme orange
Lorsqu'il m'a dit tu pourrais écrire sur Skip James j'ai illico pensé à la flamme
La flamme orange de sa voix
J'ai dit ok mais attends il faut d'abord que j'allume un feu en écoutant Devil got my woman
1966 la flamme orange
La flamme orange de sa voix
Papier/brindilles/allumettes dans la cendre
Il fallait que j'allume un feu à genoux dans la cendre
La brique la suie dans les champs noirs et blancs
La flamme orange de sa voix lorsqu'il chantait le diable première période dans le vagin rouge du diable
la flamme orange de sa voix
Bentonnia Mississipi sur le cuir noir des petits cireurs de pompes
Le long prêche de la flamme orange
Sa voix qui brûle sur les routes
Sa voix qui construit des maisons
Sa voix qui taille des costards pour tous les coupeurs de coton et trente ans plus tard 1966
Le succès que lui fait reprendre le manche
Un singe dans le dos et un crabe dans le ventre
La flamme orange toujours
Some day, baby you known you got to die...

Austère été



Qu’ouïs-je ? A l’aube de cette nouvelle rentrée, l’austérité est de rigueur. Les bienheureux n’ont qu’à bien se tenir, leur sourire béat n’y échappera pas. Il faut dire qu’on nous a travaillé au corps, afin de nous austériser, de nous rigoriser (je me permets ces néologismes, qui vont sûrement faire leur entrée dans le Larousse au début de l’année 2012). Sans compter les déboires météorologiques de l’été. On crierait presque au complot.  
Les politiques ont déjà annoncé la morne couleur. Concernant la mode, les grands couturiers annonceront bientôt une collection automne-hiver fondée exclusivement sur le port de vêtements de couleur noire, le gris ne prenant le relais qu’au printemps, afin de nous égayer un tant soit peu. Quant à la gastronomie, cette fantaisie superflue, on pourvoira les étals des supermarchés de topinambours et de cucurbitacées, dont on variera éventuellement les formes afin de rompre la monotonie de nos habitudes alimentaires.  
Aussi proposé-je, afin de participer à l’effort national, la vente organisée de kits d’austérité. Ceux-ci se composeront, en premier lieu, d’une palette d’un maquillage permettant d’agrémenter les yeux rieurs de cernes oblongues. On trouvera également une feuille, présignée naturellement, accordant le droit aux chefs d’entreprise de s’emparer de l’ensemble des biens dudit signataire (on sera néanmoins autorisé à conserver une brosse à dents, lieu suprême de la dignité humaine). Enfin, licence exquise, on remarquera la présence de bons pour des vacances, d’une durée de 4 jours, qui seront mises à profit en vue de la construction d’une autoroute entre Brest et Rennes. A défaut de l’huile adéquate, serrons nous les coudes ! Et bonne rentrée à tous…!
 

Belgique : "In varietate concordia"


"Unis dans la diversité" (devise de l'Union européenne)


> "In varietate concordia" est la devise, en latin, de l'Union européenne et a été traduite dans une vingtaine ou une trentaine de langues.

> La devise de la Belgique, et de quelques autres pays, est "L'union fait la force".

> Cartes de la Belgique par Patrick Marchal : carte 1 ; carte 2

> « Pourquoi scinder la Belgique alors que le monde est en train de devenir Belge ? » (Claude Semal, « Semal nécessaire », 2009)


Nicolas Esprime
Internaute




 
 

Chocolat Show


Slam cacao
Je veux que mes mots prennent ta couleur
Que mes paroles prennent ton odeur
Que dans mon palais ça fonde quand je parle de toi
Ma passion ne sera ni brune ni blonde mais CHO-CO-LAT
 
T’es bon t’es bonne
My hot chocolate madone
Dans mes doigts fondants je t’emprisonne
Tu es ma cortisone in every season
Céleste boisson des Amériques
Tu m’excites
Je veux te humer te lécher te verser te toucher t’étaler t’aduler t’aciduler
Taciturne et insomniaque je dors juste pour te prendre au réveil
Tu es mon premier rayon de soleil
You are the sunshine of my life
PADAPAPAPAM
Prunelle de mes yeux
Tu me rends heureux
Mes matinées s’enjolivent quand tu débarques dans mon colon
Tu me files mon premier frisson
Tu es mon absinthe matinale
Que généreusement j’avale
Grâce à toi je suis de bonne bonne bonne humeur ce matin y’a des matins comme ça
Dévoué à ta cause sur l’autel de ma cuisine
Le matin t’es plus chaude que ma copine
Maître Banania frère Benco
Laissez moi vous prêcher
 
Je veux que mes mots prennent ta couleur
Que mes paroles prennent ton odeur
Que dans mon palais ça fonde quand je parle de toi
Ma passion ne sera ni brune ni blonde mais CHO-CO-LAT
 
Je redeviens vierge chaque matin mon bol entre les mains
Like a virgin drinked for the very first time
Tu glisses saveur réconfortante
Sur ma langue devenue brûlante
Troublante boisson
Qui me fais revivre sans raison
Le plaisir de tous ces matins
Où j’allais à l’école retrouver mes copains
Tu as le goût d’avant le divorce de mes parents
De ces paquets colorés que je trouvais marrants
De ces personnages de publicité toujours enjoués
Comme si un buveur de chocolat chaud ne pouvait jamais être triste
« Ma femme m’a quitté
Mes enfants me détestent
Je viens d’être licencié
Et j’ai attrapé la peste
Mais je bois du CHOOOOOOOOOOCOOOOOOOOOOLAAAAAAAAAAT »
Astien Bosche
Internaute




 

"Seul l'avenir est un pays supportable" 2


Un film cadavre-exquis inauguré par Régis Jauffret

Filmez la suite avec votre téléphone portable et lancez-la sur la Piste d'envol !

> 1er épisode avec texte de Régis Jauffret

"Seul l'avenir est un pays supportable"


Un film cadavre-exquis inauguré par Régis Jauffret

Filmez la suite avec votre téléphone portable et lancez-la sur la Piste d'envol !
"L'image, qu'elle bouge, parle, crie, ou reste immobile et muette, me  met de plus en plus mal à l'aise. L'image, c'est du temps déjà passé, déjà lointain, et désormais inaccessible. L'image privée, je parle d'elle, celle où je figure, c'est de la mort. Je suis mort à chaque  image, je suis là dedans celui que je ne suis plus. Tête conservée  dans le bromure, les pixels, comme celle d'un monstre dans un bocal de forain du début du siècle dernier. Le plus grand danger, c'est la nostalgie. L'image d'un humain, c'est de la nostalgie potentielle. Le  passé me semble toujours un échec, comme une histoire d'amour dans  laquelle je ne vivrai jamais plus. Ni passé, ni présent, seul l'avenir est un pays supportable. Je demeure assez crédule pour imaginer qu'on  est en train là bas d'inventer l'éternité. Je laisse faire le temps, mais j'aimerais bien l'inonder de napalm. Pour tout dire, la mort me semble une perspective infiniment désagréable. Je ne vous la conseille pas."  Régis Jauffret

> le film en cours de montage


Gigi, c'est toi, là bas dans le noir ?



Le Vatican organise aujourd'hui une célébration pénitentielle pour les victimes d'abus sexuels. Elle aura lieu dans le noir pendant 15 minutes. Honnêtement, 15 minutes dans le noir avec des prêtres pédophiles repentis, ça vous rassurerait, vous ?
 
 
 

Se soulager


L'attitude suspicieuse et même vaguement menaçante de la vendeuse qui, me voyant photographier la pellicule plastique enveloppant une livraison posée devant sa vitrine, sort avec précipitation de son magasin de luminaires et me demande abruptement : "– C'est pourquoi ?". Tout en continuant de prendre des clichés, je lui demande si elle connaît le peintre Soulages qui a beaucoup travaillé sur le rapport de la lumière et de la couleur noire. Ma question semble la destabiliser, non elle ne connaît pas. Je lui explique que je fais la même chose, et qu'il ne faut pas s'inquiéter. Elle me regarde un instant perplexe, dit : "– Ah bon" et retourne à son travail, après avoir tout de même esquissé un léger sourire.
Arnaud Carbonnier
Internaute




 

Arthur Cravan poète boxeur


Portraits 3
Sur sa barque
au beau milieu de l'Atlantique
Arthur Cravan
Le poète boxeur
aux cheveux courts
qui lisait debout
attaqua la dernière aube du monde
par une danse de St Guy
puis s'adressant
à toutes les mouettes du ciel
il redressa sa carcasse
en hurlant
Chiez moi dessus
puisque je suis laid comme un homme !
Un beau matin
on le retrouva sans vie
sur un quai du Golfe du Mexique
au milieu des chiens noirs.

Jacques Gamblin : "Ça me dérange que ça commence"


Jacques Gamblin : "J'aime pas que ça commence", ventscontraires.net, Théâtre du Rond-Point
Jacques Gamblin commence au Rond-Point son spectacle "Tout est normal mon coeur scintille" un jour férié (le 11 novembre)… ça démarre vraiment mal. Jacques Gamblin n'aime pas les débuts. Il le dit : ce qui le dérange, c'est que ça commence. Même sa carrière, il aurait préféré qu'elle ait déjà commencé plutôt qu'elle débute avec un début...
"Il y eut un début. Engagé à 18 ans comme régisseur son et lumière dans une jeune compagnie qui parcourait la France horizontalement et verticalement en 4L avant de s’implanter en Bretagne et dans laquelle après deux ans d’activités plutôt manuelles, j’ai tenté de faire l’acteur. Ma première prestation eut lieu dans une église dans laquelle ni Jésus ni son père spirituel ne nous ont sauvés du désastre car nous n’avons pas joué faute de spectateur. De retour au bercail après cet échec, le premier rond-point nous fut fatal, j’étais au volant, très concentré, avec un permis de conduire qui sortait à peine de l’imprimerie, tandis qu’un idiot pressé nous a coupé la route. Le camion a rendu l’âme et nous nous sommes retrouvés aux urgences en observation. Une fois observés, nous sommes rentrés à pied mais sains et saufs. Le lendemain la deuxième représentation est donc devenue ma première et ainsi de suite jusqu’à maintenant car on ne rattrape pas le temps perdu."
Jacques Gamblin
 

Marine



Ma fille est une petite beauté noire ébène, rieuse, enjouée, curieuse et d’une intelligence rare. Elle a tout pour plaire. Enfin presque. Nous l’avons appelé Marine. C’était mon idée. Aujourd’hui, je dois l’avouer, j’ai honte. Un peu comme si j’avais appelé mon fils Adolf. Mon voisin, grand amateur de ragots m’a dit: « Vous savez Monsieur Sylvestre, nous n’en sommes pas là.» Cela ne m’a pas rassuré.
Ary Sylvestre
Internaute




 

Haïku de comptoir 75



Le beaujolais
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A peur du noir
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