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Non, ce ne sont pas d'anciens dispositifs de tir



Me voici équipé, une fois de plus, d'une voiture disposant de deux « rétroviseurs ». J'en ai assez. Cela suffit. Ces objets ne permettent absolument pas de faire que qu'on appelle « viser ». Essayez de tirer un faisan avec un rétroviseur. Ça ne marchera pas. Vous ne viserez rien du tout. Alors, que les constructeurs trouvent un autre nom pour ces miroirs extérieurs. Qu'ils en profitent, aussi, pour changer les noms de la « lunette arrière », de la « plage arrière », des « feux de position » et du « pare-brise». N'insistez pas. Je suis trop fatigué pour me lancer dans une nouvelle explication du pourquoi de la débilité de ces termes. Comme je l'ai déjà dit, je crois, j'en ai assez. Je me casse. Je tourne la clé de contact. [soupir] Évidemment qu'elle est au contact de quelque chose cette clé. Changez son nom, aussi. Et, vous autres, les esprits cartésiens, n'essayez pas de m'embrouiller avec des histoires de contact électrique et d'allumage dans le moteur. De toutes façons, je serai parti depuis longtemps quand vous aurez fini vos explications. Parti à pied, s'il le le faut. À « chaussures », devrais-je dire pour ne pas me déjuger. Que c'est énervant.

Semaine internationale de la courtoisie sur la route



Par son éblouissante richesse et sa douce fragilité, la biodiversité nous rappelle sans cesse combien nous sommes bien peu de chose. Quant à l’observation de la faune en milieu naturel, celle-ci nous offre à contempler des spectacles sauvages emprunts de si grands mystères. Comprendra-t-on ainsi un jour quel réflexe instinctif opposé à la raison donne lieu au comportement abscons et très souvent obtus qui conduit l’automobiliste à klaxonner frénétiquement lorsqu’il se retrouve coincé dans les bouchons ? Grâce à la phylogénie qui étudie les relations de parentés entre les espèces, nous savons que cette manifestation primitive observée chez l’être humain relève d’une pathologie psychosomatique qui, à vrai dire, le différencie du singe. Je pense donc je suis. Je conduis, donc je te suis. Je suis coincé, donc je klaxonne et même que je t’emmerde pauvre con. A l’égal d’une certaine conception que je peux me faire de la politique, klaxonner ne fait pas moins consommer de pétrole qu’il n’apporte d’idées. Geste d’autant plus saugrenu qu’il ne fait en rien avancer les choses, ne débouche pas plus sur une sortie de crise que d’autoroute si ce n’est sur un certain état d’agitation aigüe propre à quelques chauffards ou autres chefs d’Etat. Ce qui fait le malheur des hommes, ce sont les désirs insatisfaits et les embouteillages. Bienheureux dans les encombrements le philosophe à bicyclette, qui, dans le méandre des pares chocs rutilants à la cacophonie grave et hurlante parvient à se frayer un chemin en narguant tous ces as du volant. Quel étrange comportement que celui de ces automobilistes coincés dans un embouteillage. Contendants du volant qui, dans l’isolement de leur habitacle, fulminent jusqu’à la déraison et qui, au plus haut point de leur colère, agissent d’un geste désemparé emprunt d’éréthisme en tambourinant bêtement sur le klaxon de leur grosse caisse. Moi, lorsqu’il m’arrive d’être coincé dans les embouteillages, je ne m’énerve pas. Pour ça je laisse faire mon chauffeur.

Magnétisme animal



Cette fatale prétention des chats à croire qu'ils peuvent stopper une voiture avec leur seul regard, la nuit.

Zen


Je ne trouve pas de titre, ça m'énerve

Je passe, quotidiennement, beaucoup de temps dans ma voiture. Une obligation dont j'essaie de m'accommoder : cette parenthèse obligatoire (une parenthèse que même Philippe Jaenada trouverait longue, certes, mais une parenthèse tout de même) entre domicile et travail me permet de décompresser, de penser à autre chose. Alors qu'autrefois, dans le train, je lisais, dormais ou m'adonnais à des tâches aussi nobles que le dressage de Pokémon, je peux désormais laisser vagabonder librement mon esprit. Mais pourquoi il freine, ce con ? Et c'est une source constante d'inspiration, j'envisage ainsi de me lancer prochainement dans la biographie complète de ce débile là-devant qui se croit sans doute sur son tracteur, mais c'est quand même pas possible de traînasser pareillement ! C'est aussi dans ces moments-là que me viennent les idées pour ces chroniques hebdomadaires. Bon allez, avance, on n'a pas toute la nuit non plus. Et c'est là, alors que je longeais le magnifique lac de Neuchâtel et ses reflets enchanteurs que je me suis dit qu'il serait difficile de rédiger ce billet « plus énervé » que l'on m'avait demandé, tant la nature automnale invitait à l'apaisement, et que la vie était trop courte pour s'énerver et ces travaux, ils vont jamais les finir, ces travaux ? et en plus j'ai le soleil dans la gueule.

Accident en rentrant des courses


Sécurité routière
J’ai beau avoir le permis, je ne conduis jamais. Ce n’est pas l’envie qui m’en manque mais ma femme. Un parkinsonien du volant, un mou de l’embrayage et un coincé de l’accélérateur me dit-elle.    
Résultat des courses, c’est le plus souvent elle qui les fait.  
Malheureusement pour moi et malgré l’interdiction absolue qui m’est faite d’emprunter sa voiture, il va bien falloir que je lui avoue ce soir pour quelle raison le pare-choc avant se trouve ainsi défoncé et le capot sérieusement abîmé.  
Pourtant, pas le moindre pépin à signaler sur le trajet, tout s’est même très bien passé, mais c’est au moment de rentrer dans le garage, en prenant un peu trop rapidement le dernier virage que l’accident est arrivé.  
Bref, lui raconter comment ce matin j’ai embouti sa Twingo en rentrant à vélo.

"Oui, j'ai fait le plein de ma voiture avec difficulté."


Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports, RMC, 18 octobre 2010

Malvenu cet aveu de Roselyne Bachelot, alors que ses collègues s’évertuaient à rassurer les Français victimes d’une « perception de rareté ». Mais comme tout un chacun, elle se doutait que cette grève dans les raffineries finirait par tourner vinaigre. Alors elle a obéi au principe de précaution. A moins qu’elle n’ait voulu mettre un terme au martyrologue attaché à son parcours ministériel. Pendant la Coupe du monde de football, c’est elle qui avait été désignée volontaire pour aller « débloquer » l’équipe de France en pleine insurrection sociale. Deux jours plus tard,  les « Bleus » se faisaient piteusement sortir de la compétititon par l’Afrique du Sud. Pas de chance pour Roselyne toujours ministre au mauvais moment. L’épidémie de grippe A, fin 2009, c’était déjà pour elle. Et elle a dû se faire piquer devant les caméras pour convaincre les Français des bienfaits civiques du vaccin. Pour rien. La pandémie s’est éteinte aussi vite qu’ont été asséchées les cuves, le week-end dernier. Déjà, en 2003, la canicule lui était tombée dessus. Encore heureux pas comme ministre de la Santé, mais de l’Ecologie. Faute de « Grenelle de l’environnement », elle a conseillé aux automobilistes de garer leur voiture à l’ombre. Histoire de ne pas trop tirer ensuite sur la clim’, prodigue en gaz à effets de serre. Bien sûr on s’est payé sa tête. Trop injuste. On ne l’y reprendrait donc plus, puisque la bagnole c’est chacun pour sa fiole.

C'est le 500e!


Chers chevaucheurs de ventscontraires.net, le croirez-vous? Nous avons déjà atteint le nombre de cinq cents billets publiés. Plus que neuf cent quatre vingt dix neuf millle cinq cents et nous gagnerons une automobile rutilante. Cinq cents billets en cinq mois d'existence : à ce rythme-là, c'est dans huit cent trente trois ans seulement que nous pourrons vous faire faire le tour du théâtre du Rond-Point en voiture. Avec tous nos efforts conjugués, le but n'est plus très loin. Merci à vous pour le travail accompli, et merci aussi pour celui des huit cent trente trois années à venir.
En attendant, la presse aime ventscontraires.net et nous le prouve ci-dessous. Plus nous serons lus, plus nombreux nous serons à écrire, et plus vite la belle auto s'approchera de nous.

“Le Rond-Point en ligne, un site participatif, sorte de quatrième salle virtuelle très animée, alimentée par la tribu du directeur, dont de nombreux auteurs...”
Le Figaroscope
 
“Le rire de résistance s’exerce sur le Net !”
Le Monde, supplément télévision

“Une expérience web collaborative au Rond-Point, bien plus que le site d’un théâtre, avec zone d’envol pour vos trois premiers billets, puis vous voilà rédacteur associé.”
François Bon, Le Tiers Livre

“De nombreux chroniqueurs ont déjà enfourché ce cheval de bataille, comme l’entarteur Noël Godin ou les romanciers et cinéastes Gérard Mordillat et Jérôme Prieur”
Le Temps (Suisse)

Week-end de la Toussaint : prudence sur les routes



> Plonk & Replonk exposent du 3 novembre au 8 décembre 2011 à la librairie du Centre Culturel Suisse. Plus d'infos sur le site du CSS
 

Ça m'énerve


Bébé à bord
Vous roulez en scooter en prenant garde à la signalisation, aux piétons kamikazes et aux cyclistes décébrés quand, soudain, le véhicule qui vous précède hurle "Bébé à bord !"    
Des micro-humains, on en voit partout et en avoir dans sa voiture ne devrait pas faire l'objet d'une communication particulière.     
Donc, si la personne au volant estime nécessaire de me décrire sa cargaison, c'est qu'elle pourrait avoir des implications.    

Hypothèses :  

  • "il y a un bébé à bord, rabats ta jupe"
  • "il y a un bébé à bord, ne jure pas si je conduis mal" 
  • "il y a un bébé à bord et il risque de prendre le volant"
  • "il y a un bébé à bord, tu pourrais sursauter s'il se met à hurler"
  • "il y a un bébé à bord et comme je me retourne pour lui parler, je vais causer un accident"
  •  "il y a un bébé à bord et si tu me doubles, il sautera par la fenêtre pour se coller à ton casque façon Alien"
Bref, ça donne envie de tourner illico dans la première à droite pour s'éloigner du danger.  
Ceci dit, ne négligeons pas la sottise faraude de certains congénères et admettons que le sens de cette inscription soit :  
  • "il y a un bébé à bord et ça prouve que j'ai couché"
Dans ce cas, je vais le dire tout simplement :  
  • "On s’en fiche !"
Baronne Samedi
Internaute




 

Y a quelqu'un???


Carte postale de Détroit
Il est presque midi à Détroit. Michigan. Centre ville. 5 août. Faut pas croire que le périmètre est bouclé. C’est comme ça tous les jours. Y a personne. Ou presque. La ville est debout mais vide. Available est écrit en lettres noires sur fond jaune sur les buildings. Ça veut dire disponible. Détroit attend.
Elle soigne ses pelouses en centre ville mais ne se résout pas à abattre tout autour les squelettes d’usines vides depuis quarante ans. Ici fut inventé le travail à la chaîne, l’homme-machine soudé à l’usine douze heures par jour. Ici Ford, General Motors  et Chrysler ont dicté la taille du capot et des routes. Ici fut calibré le rêve américain. Il a tourné au cauchemar post-industriel et trop de ruines font ressembler le déclin à une tempête. Mais Détroit attend.
A-t-elle seulement compris ce qui lui est arrivé ? Ceux qui sont restés font des gestes circulaires devant leur maison qui s’effritent en disant : C’était un quartier agréable ici. Les églises font la file indienne au bord des grandes avenues. Et deux vastes casinos scintillent le soir. Clochers et machines à sous semblent demander la même chose : est-ce que le sauveur existe ? Est-ce qu'il a du cash ?

L'invention de Jean-Claude commercialisée par un grand constructeur


Plus fort qu'Autolib', la Zéro Carbone du peuple

L'invention de Jean-Claude, ventscontraires.net, Théâtre du Rond-Point

L'odeur de l'amour


Jeannette était heureuse. Enfin, enfin ! Elle avait déniché cet homme charmant, ce compagnon galant, cet amant responsable qu’elle avait tant espéré depuis des lustres. Se remémorant leurs fougueux ébats de la veille, elle esquissa un sourire radieux. Le souvenir en était encore si présent ! Les gestes, les regards, la marque des étreintes au plus intime de la chair et jusqu’à cette coquine odeur de caoutchouc brûlé qui témoignait de l’ardeur de leur amour.

Un instant de magie en banlieue


Ce matin, à Bobigny, j'ai assisté à une scène tout à fait extraordinaire. Une voiture de police s'est arrêtée à un feu rouge.
 

La schizophrène et la neige


Carte postale franco-slovène
En Slovénie, mon pays de naissance, quand il neige c’est la routine. On ne commente pas. A peine si on regarde les flocons tomber. La vie suit son cours enneigé, point. On boit peut-être davantage de thé au sipak (hibiscus), davantage de kava. Mais bon, comme disait ma grand-mère, « pas de quoi réveiller ton grand-père » (mort bien avant ma naissance, je précise). En France, mon pays d’adoption et désormais de résidence, quand il neige c’est l’horreur. On accuse le gouvernement, la météo. Le flocon devient roi, il terrorise ses sujets con-gelés et fait la une des médias. Slovène par mon père, Française par ma mère, j’ai hérité de certaines caractéristiques de mes géniteurs, mais le mélange parfois se fait mal. Quand il neige à Ljubljana, je me mets à râler, en vraie Parisienne. Je fais exprès d’enfiler des chaussures inadaptées, d’emprunter sans raison impérieuse la voiture épave de mon cousin. Très vite je me retrouve en travers de la chaussée verglacée, ou coincée dans les embouteillages près du Pont aux Dragons. Avec, le plus souvent, une terrible envie de faire pipi. Et tout autour un tas d’automobilistes excédés qui m’engueulent à coups de klaxon enroué. A Paris, dès qu’il neige, je ris, je chantonne, je prie pour que la fine couche grossisse et tienne. A noter que jamais je ne prie en dehors du climat. Puis je sors avec mes vieilles grosses chaussures, je me promène, j’envoie des boules de neige aux gamins, qui me le rendent bien. Emportée par mon élan, j’en lance aussi sur les policiers. Hélas ils n’aiment ni l’humour ni la neige et répliquent par des tirs de flash ball que j’esquive prudemment, bien qu’ils m’assurent que leur nouvel outil de travail est sans danger. Bref, où que j’aille sous la neige, je me fais mal voir, je suis une exilée. Vivement le printemps.
Irina Koprivc
Internaute




 
 

L'écrivain roulant


Depuis qu'il avait croisé la route de « l’écrivain roulant », un  certain « Raymond Rousel, et admiré son « palace motorisé », l'abbé Bougie avait construit de ses propres mains – et  comme Saint François avant lui – une église à roulettes qui lui permettait de confesser les pires pêcheurs à toute vitesse. L'édifice chahutait quelquefois, mais c'était pour la bonne cause. Quant à la pollution, elle se résumait à quelques traînées d'encens que les bigots pouvaient suivre à la trace.
 
N.B. Raymond Roussel (1877-1933), dandy, échequéphile et fantasque, fut sans doute le premier écrivain nomade à écrire en roulant. En 1925, il fait construire un petite palace sur roues ou voiture villa (une Rolls d'après ce que l'on sait) conçue à grands frais par un carrossier ingénieux et un décorateur inspiré. L'écrivain parcourut alors l'Europe durant deux ans avec Charlotte Dufrêne, sa maîtresse officielle. La décoration était raffinée et le confort moderne à l’image de la baignoire pour l'hygiène et du bar pour la soif. L'abus des drogues et alcools rendait le long voyage encore plus extatique. Puis l'écrivain se lassa. Personne ne sait ce qu'est devenu le mythique véhicule.
Eric Poindron
Internaute




 
 
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