Manuel de communication à l'usage des méchants
Leçon 5 : La victimisation
Quoi de pire que de se faire prendre en flagrant
délit?
Dans une telle situation, il est difficile de
nier et impossible de relativiser les faits. Heureusement, il vous reste une arme
: la victimisation.
Ainsi, vous n'avez pas dissimulé vos gains au
fisc, vous êtes l'objet d'une campagne ourdie par quelques fonctionnaires, probablement jaloux de votre réussite.
Vous n'avez pas grillé un feu rouge, vous êtes
victime d'une embuscade tendue par des policiers qui pour d'obscures raisons (peut-être en ont-ils simplement reçu l'ordre ? mais dans ce cas, de qui l'ont-ils reçu ?) nourrissent une haine farouche à votre égard.
Le procédé est simple : au moment où vous vous
posez en victime, n'omettez pas de dénigrer ceux qui vous attaquent, même si vous ne les connaissez pas personnellement. Non, surtout si vous ne les connaissez pas personnellement.
Dernièrement, on a eu quelques exemples du
recours à cette technique par des
personnalités en vogue.
"Les polémiques, j’en suis toujours sortie
renforcée, surtout quand elles reposent sur des mensonges ou, comme ici, de
la mauvaise foi."
"Est-ce qu'une erreur fâcheuse, assumée par
l'éditeur, autorise ce déchaînement de malveillance (...)?"