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Amour maternel


"- Allo... SOS Parents en détresse ? Oui, bonjour Monsieur. Voilà, mes enfants deviennent insupportables et je ne sais plus que faire d'eux. J'aimerais m'en débarrasser. Vous pouvez m'aider ? Mais surtout que ça se passe bien n'est-ce pas ? Je ne les aime plus, certes, mais je ne leur veux pas de mal non plus, vous comprenez..."
 
 

Super Nanny



Le réveil avait été difficile ce matin-là. Elle avait encore trop bu la veille. Ca lui arrivait de plus en plus souvent, depuis quelque temps. Elle n'avait vraiment pas envie d'y aller. Vraiment, vraiment pas. C'était quand même malheureux d'être encore bonne d'enfants, à son âge, mais il fallait bien gagner sa croûte. Plus ça allait, plus elle détestait les mômes. En prenant son breakfast, elle se demandait dans quel genre de famille elle allait tomber cette fois-ci... Ce dont elle était sûre, c'est que les gosses seraient insupportables, et que leur père essaierait de la tripoter dans les coins sombres, comme chaque fois. Elle devait se dépêcher pour ne pas arriver en retard. La journée commençait mal : il pleuvait, son parapluie était cassé, elle allait devoir prendre un autobus bondé et puant. La tête encore pleine de vapeurs d'alcool, Mary Poppins partit vers de nouvelles aventures.

Michel Onfray : De quoi riait Démocrite ? 6) Rire de l'Avoir et faire l'éloge de l'Être


Le rire de Démocrite - 13

Onfray 13
Qu'est-ce que le rire de résistance?, avait demandé l'université du Rond-Point au philosophe Michel Onfray.
Réponse : Démocrite. Ou plus exactement "le Rire de Démocrite". C'est le titre d'une conférence que ventscontraires.net vous distille en feuilleton hebdomadaire.

> épisode suivant             > 1er épisode

Racines


A l'étude de certains détails physiques très précis, les époux Martin admettaient tout à fait que Jean-Claude, le plus jeune de leurs deux fils, était celui qui ressemblait le plus à son arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père.

Ils ont réussi à échapper à la fête des mères


... Chhhuutt... taisez-vous les enfants... avec un peu de chance personne ne nous trouvera de toute la journée et nous pourrons peut-être échapper au rituel obligé de cette fête pétainiste...

Au pays de Maïté...


"- Oh, regardez ! Les mignons petits oiseaux ! - Oh oui ! On pourrait les faire griller au barbecue ! - Au barbecue ! ?  Mais tu n'as vraiment aucun sens culinaire, ma chérie !"

La boulette


Only humans

La reine des pommes



Elle était assez contente d'elle ce jour-là : il faisait un temps magnifique, et son nouveau travail était plutôt bien payé. Bien sûr, elle ne volait pas son salaire. Il faut dire que la maison était très sale, une véritable porcherie, mais elle était jeune, et courageuse, et son habileté avait fait des merveilles en quelques heures à peine. Elle pensa sans regret à ses anciens employeurs, tatillons, jamais contents, radins, et vieux en plus... Décidément, elle avait bien fait de leur rendre son tablier quelques jours auparavant. Elle était encore étonnée et ravie de sa propre audace ; c'était la première fois qu'elle prenait  ainsi son destin en main, et elle avait l'impression que le monde lui appartenait. Quelle merveilleuse sensation ! 
Son devoir accompli, Blanche-Neige sortit en souriant de la maison des trois petits cochons, emplit ses poumons de l'air pur de la forêt et mordit à belles dents dans la pomme qu'une vieille femme lui avait offerte le matin même.

Chansonnette des parents



les enfants

par hasard par derrière par devant

à tort à travers ou simplement 

en deux temps trois mouvements 

l’un dans l’autre et réciproquement


les enfants 

faits sous les ponts un soir de printemps 

sur les toits le soir de la saint jean 

dans un lit entre des draps de soie 

ou dans la poussière d’un vieux divan


les enfants 

seul à deux en groupe ou en priant

faits par choix par erreur partouzant 

dans les trains dans les choux dans le vent

dans l’envie du moment


les enfants

faits en couleurs faits en noir et blanc 

les jours ouvrés le jour de l’an

qu’on les fasse à demi 

en partie à moitié finissant


les enfants

qu’on les fasse sur le pouce sur les dents

pour l’amour de l’art ou pour l’argent

par la peur de la nuit solitaire ou

la peur de l’horreur du néant


les enfants

qu’on les fasse pour passer le temps
debout couché assis ou devant

la télé les infos au resto dans la rue

ou parmi les passants 


les enfants

on les fait pour savoir quoi comment

faire de l’amour qu’on a au-dedans

tout au fond tout enfoui tout rentré 

dans le cœur dans le sang


les enfants

on les fait pour arrêter le temps

pour filer doux au vieillissement

pour finir tranquillou pieds devant

et quitter le monde ravi content


mais l’enfant

déjà né déjà là déjà grand   

déjà laid déjà trop de mouvements

trop de bruit trop de voix 

trop de cris trop d’odeurs et de vents


mon enfant

sur l’avenir mon investissement

dans ce machin sale et vacillant

déjà lent déjà loin déjà mou 

déjà si décevant


les enfants

on les faits pour savoir quoi comment

faire de tout l’amour qu’on a dedans

et voilà quand ils naissent qu’ils vous laissent

comme deux ronds de flan

Only humans


Les modèles changent

Vocation précoce


L'observation de ces petits insectes sans défenses, condamnés à une mort certaine dans leur bocal dépourvu de toute nourriture et parfaitement incapables du moindre esprit de rébellion générait un bonheur intense chez Jeannette qui se mettait parfois à rêver de pouvoir faire la même chose avec deux ou trois de ses meilleures ennemies.
 
 

Dégradons M. Bernard



Les fêtes de Noël approchent comme si de rien n'était, et je voudrais dénoncer ici le caractère extravagant des dépenses que s'apprête à faire notre voisin, M. Bernard, pour ses enfants (en ces temps douloureux). Alors que mon petit Lucien, lui, n'aura rien ; pas plus que Julie et Delphine les jumelles de mon ami Bob. Bob et moi prions pour que d'ici à pas très longtemps les agences de notation internationales s'occupent enfin de noter les comportements socio-économiques des individus à la Bernard. Dégradez de son triple A ce type qui ose organiser des goûters d'anniversaire dans son jardin en y invitant nos femmes et nos enfants (et cela en pleine guerre ou presque) ! Mais il faut aller plus loin : donnez-nous à Bob et à moi les moyens de spéculer directement sur la dette de M. Bernard ; Bob et moi n'en faisons pas une affaire personnelle, bien au contraire : c'est un sentiment de solidarité européenne qui nous anime, peut-être le prélude à cette grande fédération des coeurs et des esprits dont on voit pointer le bout du nez ces temps-ci. Et qu'on ne s'y trompe pas (oh non) nous sommes prêts, Bob et moi, à ouvrir nos livres de comptes aux Bourses de Tokyo et Hongkong en retour, on verra qui est le plus à même de rassurer les marchés !
 

Au pays des ours



J’ai entendu ce matin à la radio une information discrète mais qui a bien retenti à mes oreilles. Le maire de Ruffec, petite commune des Charentes, a mis en place des tableaux numériques pour désigner les bons et les mauvais payeurs à l’entrée des cantines d’écoles primaires. A-t-il voulu donner à ces écrans un aspect ludique pour les enfants ? Toujours est-il que la légende de l’écran est pour le moins originale. Les créditeurs et débiteurs sont représentés par des oursons de différentes couleurs. Les verts sont à jour dans leur paiement, les bleus sont bientôt à découvert et les rouges sont les parias qui n’ont pas payé la cantine. Je signale quand même qu’au pays des ours, qu’ils soient en forêt ou en peluche, l’argent n’existe pas. Je n’ai jamais compris Boucle d’or et des trois ours comme un ouvrage mercantile sur le modèle économique appliqué par les ours dans leur milieu naturel.
Je propose alors à ce maire une autre légende oursonne. On peut dire simplement que l’ours brun est omnivore, tout comme l’ours noir. L’ours blanc, quant à lui, préfère un bon morceau de bidoche. Mais que ce soit dans la forêt ou sur la banquise, ils se servent sans payer. Dans une des écoles frappées par ce décret de « tu bouffes, tu paies, et si tu paies pas, on te montre du doigt », un enfant a pleuré en voyant à côté de son nom, le fameux ours rouge.
C’est normal que le gosse soit traumatisé, les ours rouges ça n’existe pas.
Julie Braun
Internaute




 

Place de la Fraternité



Je mange en regardant la télé. Je mâche sur mon canapé. Passe un reportage sur les françafricains expulsés ce lundi 7 novembre de la place de la Fraternité (ça ne s'invente pas) à la Courneuve. Voilà sept mois qu'ils étaient là. Parents et enfants. Sous des tentes. La grande majorité d'entre eux est en situation régulière et travaille. On les expulse sans ne rien leur proposer d'autre. Je vois les mères crier. S'accrocher aux grilles. Les enfants pleurer. Les CRS piétiner les tentes. Je n'arrive plus à avaler. Les larmes me montent aux yeux. Je les mâche. Sur mon canapé.
 

Documents administratifs


Permis N°1

En vertu de l'article L.241-3 du code de l'action sociale et des familles, sans préjudice d'autres avantages, le titulaire de la présente carte a le droit d'exercer:
-dans les espaces et salles d'attente;
-dans les soirées privées, restaurants, débits de boisson, salons du livre jeunesse, cinémas, jardins publics, musées municipaux et nationaux, théâtres, vernissages d'expositions, bibliothèques, transports en commun et de manière générale dans les lieux accueillant du public.
-Dans les files d'attente.
Le Tampographe Sardon
Internaute




 
 

Sayonara, Baby...



J'ai déjà assisté plusieurs fois à cette petite scène. Cela se passe près de l'arrêt de bus derrière la Gare Montparnasse, vers sept heures trente le matin. Les mamans vêtues en Agnès B. font monter une demi-douzaine de minuscules écoliers habillés chez Mikki House dans un énorme car rouge si c'est un Savac, ou bleu si c'est un car Suzanne. Elles reculent, se regroupent sur le trottoir et commencent à bavarder. Sans s'interrompre, elles lèvent et agitent le bras quand le car démarre doucement. Le car s'éloigne pour entrer dans l'arène de la place de Catalogne. Les mains en éventail pivotent toujours sur les poignets au bout des bras des mamans absorbées par leurs conversations. Peu à peu les bras retombent, les mains se joignent à hauteur des estomacs. Deux par deux elles s'inclinent, se saluent, et se retournent pour d'autres salutations. Pendant ce temps, le car a fait le tour de la place, et revient sur le boulevard dans l'autre sens. On voit une ou deux frimousses se tendre aux vitres trop hautes pour guetter le signe d'au revoir maternel. En vain, elles sont parties.
Tilly Bayard-Richard
Internaute




 
 
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