Bouchez-vous le nez et ouvrez bien les oreilles en lançant cette vidéo réalisée par Simon Castel pour Mediapart : où comment un candidat aux abois reprend mot pour mot le discours frontiste - une fuite en avant pathétique et dangereuse, dont l'UMP aura bien de la peine à sortir indemne. Explosion en vue.
L’équanimité du ministre de la Défense a ses limites. Entre
les deux « pas cons » qui s’affrontaient sur France 2 jeudi soir, il
avait comme collègue de gouvernement de l’un d’eux sa petite idée de celui qui
était plus que « pas con… ». Ou moins que con pour ceux qui
comptent à l’envers. Mais le jugement importe moins ici, que l’introduction à
une heure de grande écoute radiophonique du concept de « con » dans
l’analyse politique. Le mot restait confiné aux considérations privées entre personnes d’opinions opposées. Le consacrer
publiquement dans son adjectivation savante et non sa substantivation vulgaire,
ouvre des perspectives nouvelles dans l’étude des caractères politiques. Car si
Hollande et Juppé ont « oublié » d’être con, c’est bien que d’autres
ont dû penser à l’être. D’où sans doute l’expression : jouer au con, que
l’on pourrait appliquer à tel président de la République, pour prendre un exemple au hasard,
laissant croire qu’il pourrait échouer à se perpétuer. Il reste que si certains
ont « oublié » d’être cons c’est qu’il existe bien, dans le tréfonds
de leur vécu, une connerie laissée de côté. Chercher le con en soi, serait dès
lors une de ces introspections que la psychanalyse recommande pour éviter que
le refoulé vienne se venger. Tel Juppé apostrophant Hollande : « on
verra ce que vous ferez », comme s’il avait déjà intériorisé la défaite. L’injonction
« casse-toi pov’ con » serait alors à réinterpréter dans toute sa
complexité polysémique.
Nicolas II a si peur de ne pas être élu qu'il s'est invité à l'Elysée avant la fin du mandat de Nicolas 1er. Voyez comme il jette par les fenêtres tous les gadgets de son prédécesseur : bouclier fiscal, hadopi, conseil de la création artistique... Va-t-il annoncer que ses amis Roms sont autorisés à revenir de Roumanie, que chaque village de France les attend bras ouverts, un terrain quatre étoiles rien que pour eux, le meilleur de la commune ? Et que Cécilia a réfléchi, elle aussi revient ! Mais si le poisson centriste refuse de mordre à ces offres idylliques, il reste La botte secrète : Carla se mettra de profil sur une plage de Normandie le 15 août, et l'on verra bien à son ventre rebondi qu'un petit Nicolas III se profile pour mai 2012... Feuilleton en vue.
Nicolas Dupont-Aignan, Matinale du Mouv'-Rue 89, mercredi 26 janvier 2011
C’est réconfortant d’entendre un homme qui a
fait don de son corps au Peuple (souverain), fixer de lui même les limites d’un
tel acte. Il y a donc parfois de la retenue en politique. Il faudra réviser
certains préjugés qui la situent plus bas que le commerce tarifé des charmes.
Encore que sur marché-là, on observe aussi des pudeurs respectables : il y
en a qui n’embrassent pas, d’autres n’ inflationnent pas… Passons.
Pour être réglo, elle est un peu tronquée la
citation du président de « Debout la République. » En fait il
répondait, par micro interposé, à Jean-Pierre Elkabbach, d’Europe 1, qui avait
ironisé sur les candidatures présidentielles de Nicolas Dupont-Aignan et de
Jean Arthuis (très virtuelle celle-là), en les traitant de « n’importe
qui. » NDA (pour faire court) n’a pas du tout apprécié cette
condescendance. Et il a traduit d’une formule ramassée, ce qui le distinguerait
de l’intervieweur séculaire toujours « du côté du manche ». Tout se
tient.
Mais puisque NDA nous a entrainé sur ce
terrain glissant, il faut quand même rappeler que tout en étant en opposition sur presque tout
avec Nicolas Sarkozy, il avait appelé à voter pour lui au 2ème tour
de 2007. Et n’avait pas eu de candidat UMP contre lui aux législatives
suivantes. Depuis, il l’a regretté
et fait bande à part, entre la droite, la gauche, le centre, Villepin et tous
les autres. Non seulement il ne « lèche » pas, mais il ne couche pas.
Histoire de se refaire une virginité ?
Manuel Valls, Grand Rendez-Vous Europe 1, Le Parisien, Aujourd'hui, dimanche 2 janvier 2011
Bien vu l’aveugle ! Aucun socialiste ne l’a proposé
puisque c’est déjà la durée légale du temps de travail applicable à toutes les
entreprises. Mais que le postulant aux primaires du PS se rassure sur le sort
des PME : depuis 2003 la droite a bien fait le boulot à coups de déplafonnement,
de défiscalisation des heures supplémentaires et autres mesures dérogatoires pour
briser "le carcan des
35 heures". C’est la formule
sous le régime Sarkozy-Fillon, alors que les convenances de l’ère
Chirac-Raffarin voulaient qu’on les "détricote". Manuel Valls, pour qui le "travailler plus" n’est
pas l’ennemi du "travailler mieux", a innové en parlant de "déverrouiller"
la loi des 35 heures, ce qui se situe mécaniquement parlant entre les deux même
si, socialement, il force une serrure déjà ouverte. Au point que l’on a entendu le président de la CGPME déclarer
en décembre que "le problème des 35 heures avait été résolu". Désireux d’éviter un clash avec les
syndicats, il rappelait à l’ordre une partie de la droite — Jean-François Copé en
tête — qui propose de faire carrément sauter la porte de ses gonds, en effaçant
les 35 heures du Code du travail.
Valls, moins brutal, veut la déposer avec des précautions
pour ne pas heurter les syndicats. C’est raté. En ce début 2011, il a surtout lancé le concours, toujours très disputé, du
plus beau gadin de campagne présidentielle.
Nicolas Sarkozy, devant les députés UMP à l'Elysée, 5 mai 2010.
C’est curieux, chez le président, ce besoin de faire une phrase
de ce genre. Cafardée par des élus à la sortie d’une réunion, elle mérite un détour
dans le guide des déconnages du quinquennat, quand le chef de l’Etat croit les
micros fermés et l’auditoire connivent.Nous voilà avisés que les « réformes » qu’il
compte avoir achevées d’ici le second semestre de l’année prochaine, n’auront été
qu’une parenthèse désenchantée. Limite train-train. Mais ce faisant il nous
interloque. Qu’a-t-il fait de ses années exécutives, ce Nicolas Sarkozy que
l’on croyait animalement politique ? Le bouclier fiscal, ce n’était donc pas de la
politique ? De l’humanitaire peut-être ? Le mammouth du public dégraissé, de l’hygiénisme ? Les annonces sécuritaires à répétition,
un TOC ? Le débat sur l’identité nationale, un grand café philo ? Pendant tout ce temps il aura donc été
au supplice le fils de Pal, avant d’en arriver à ce qui prime pour lui : « faire
de la politique », autrement dit le retour au bourre-pifs, ceux de
l’opposition s’entend. Du bling-bling,
au bing-bing. Hélas, la prochaine présidentielle ne doit avoir lieu que les
22 avril et 6 mai 2012 ; il va bien lui falloir, jusque-là, poursuivre le boulot de président « pas
politique ». Une suggestion qui arrangerait tout le monde : il démissionne
en septembre 2011, et la boîte à gifles est ouverte sans attendre. Rien que du
bonheur.
Comment Super Rebelle va-t-il traverser l’élection présidentielle de 2012 ?
Super Rebelle se porte candidat à la présidence de la république! Mais en candidat virtuel : un vrai faux candidat. La politique ne m’intéresse pas, c’est trop sérieux, en tous les cas ça devrait l’être ! Je veux monter une vraie parodie de campagne électorale jusqu’à la venue de Super Rebelle au Rond-Point, le dernier meeting et les résultats en direct ! Super Rebelle va dans les mois qui viennent se déplacer en province, sur les marchés, il va serrer des pognes un peu partout. Il va faire ce que font les vrais candidats : des meetings, des rendez-vous. J’ai déjà fait la fête de l’Huma, j’organise des rendez-vous «cafés politiques » dans un bar du neuvième arrondissement, et je bosse avec une agence de communication qui joue le jeu. Je fais tout comme eux, les politiques, mais je suis un miroir déformant ! J’ai bien l’intention d’être à la hauteur de ce qui va se passer en 2012. Si tout se passe proprement dans l’élégance et l’intelligence, Super Rebelle n’aura aucune raison d’exister. Mais à mon avis, ça va encore très vite déraper, et dans tous les sens, et j’ai bien peur d’exister ! Le spectacle au Rond-Point sera un vrai show, avec quatre musiciens sur le plateau, des chansons, des surprises, des sketchs… Et je me fais ma play-list, puisque j’ai vu que les socialistes avaient engagé un spécialiste pour qu’il dresse sa play-list de chansons de campagne ! J’aurai peut-être sur scène des invités surprises ! Je veux jouer à mettre en place, à travers un faux meeting, un vrai moment de décryptage des événements politiques. Je vais éplucher la presse, décortiquer l’actualité du moment… Je suis un bouffon de la République, c’est mon rôle de faire le clown devant des gens venus se changer les idées. Et en effet, je veux que leurs idées changent !
(propos recueillis par Pierre Notte)
Arnaud Montebourg, Le Monde, Dimanche 3/Lundi 4 avril 2011
Serait-ce
parce qu’il est lui-même issu d’un coin où l’on élève la volaille de Bresse que le sémillant
postulant à l’investiture présidentielle manifeste autant de condescendance à
l’égard d’une autre espèce animale ?
Il devrait être bien placé
pour savoir que le bœuf charolais est originaire de ce même département de Saône-et-Loire dont il préside le Conseil général. La vacherie, en réalité,
visait ses concurrents aux comices de l’automne 2011, quand il s’agira de
sélectionner la plus belle bête à concours du cheptel socialiste. Arnaud
Montebourg aurait élevé le débat s’il s’était livré aux mérites
comparés de son propre « charolais », avec le « limousin » de François
Hollande, la « normande » de Laurent Fabius ou la
« flamande » de Martine Aubry. La ficelle serait néamnoins restée
trop courte pour attraper le bétail de Dominique Strauss-Kahn, labellisé
naguère par le suffrage universel à Sarcelles (Val d’Oise). Depuis longtemps on n’a plus vu un
bovidé paître dans cette banlieue parisienne. C’est à des petits détails comme
ça que l’on vérifie si un politique est du « terroir » ou pas, comme
dirait Christian Jacob, aboyeur de l’UMP pour qui l’étable ne ment pas.
En
vérité, Arnaud Montebourg a voulu signifier que sa candidature n’était pas de
celles qui s’exhibent passivement, mais devait être regardée comme la
performance d’un taureau de
combat. Le drame est qu’à l’heure actuelle il n’encorne que du vent.
Raz-de-marée de sondages et intempéries médiatiques attendus
Après un mois de janvier mitigé, les premières avaries chiffrées se dessineront début février. Progressivement, la masse média statisticienne envahira le pays. Les chiffres se feront plus fréquents,
leur probabilité élevée de 80 à 85% avec des pointes pouvant atteindre par endroits 100 à 140%.
La pensée critique restera couverte sur l’ensemble des régions malgré ici ou là quelques timides éclaircies.
La rigueur sera aussi de mise pour échapper au brouillard sur les débats d’idées et au gel des programmes. En effet, un risque de verglas sur les conceptions politiques concrètes, innovantes et participatives est à craindre.
Toutefois, en milieu d’année, après les premières transhumances estivales, un anticyclone journalistique arrivant par le pourtour méditerranéen nous apportera une embellie saisonnière.
Les enquêtes ciblant des panels d’électeurs baisseront en température. Selon toute vraisemblance, la période favorisera de fortes vagues d’opinions positives caniculaires.
A cette alternance de courte durée succédera un temps dépressionnaire. Les sondages d’opinion violents viendront souffler à plus de 40 nœuds accompagnés des pertes de points en rafale.
Certains candidats devront donc s’attendre à de fortes chutes d’intentions de vote.
Une avalanche de livres politiques s’abattra alors du nord au sud et de l’est à l’ouest, pleine de convictions brumeuses.
Le degré de pessimisme ambiant gagnant le territoire, l’ambiance sera électrique, les orages verbeux éclateront progressivement.
Une France soumise à la tempête numérique guettera fiévreuse, l’ouragan présidentiel, plus très loin désormais…
Conseils de Prévisions Météo : abritez-vous ! Si vous devez absolument mettre le nez dehors, sortez couvert. En cas de vents contraires, n’hésitez pas à retourner votre veste.
Vincent Peillon, Radio J, dimanche 28 novembre 2010.
Bienvenue
chez les Schtroumpfs !
Peillon n’a pas tort d’invoquer Peyo. L’agitation du village socialiste fait
penser aux petits lutins bleus de
l’illustre auteur de BD, avec leurs fantasques querelles et leur langue codée.
Vincent Peillon, député socialiste européen, c’est un peu lui même le
Schtroumpf à lunettes (qu’il ne porte pas, mais ça doit être une ruse !),
celui qui ramène toujours sa science (de philosophe en l’espèce) et agace tout
le monde tout le temps. Mais il ne croyait pas si bien dire. Son ironie, ce
jour-là, visait ceux qui voulaient
pousser Dominique Strauss-Kahn (le Grand Schtroumpf caché) à précipiter sa
candidature aux primaires socialistes alors qu’il a bien plus important à faire
à la tête du FMI, que de venir batailler ici avec François Hollande (Le Schtroumpf Farceur), Arnaud Monteboug
(Le Schtroumpf Frimeur) ou Manuel Valls (Le Schtroumpf Joueur).
Or le
lendemain, stupeur et tremblements dans la forêt, c’est la Schtroumpfette
Ségolène Royal qui annonçait sa propre candidature, frôlant même l’outrage à
Grand Schtroumpf caché en lui promettant un poste de premier ministre si elle
devenait Présidente.
Certes
elle a nuancé ensuite, mais la zizanie régnait à nouveau dans le monde des
Schtroumpfs roses. Et tout ça pour un mot malheureux de Martine Aubry (La Schtroumpftaine ?)
laissant croire que les primaires étaient pliées d’avance avec la complicité de
la Schtroumpfette. Schtroumpf qui pourra !
Tous les ans depuis l’élection de notre très cher président Zébulon 1er, le mouvement de résistance ludique « Les 1000 colombes », appelle au pèlerinage des insatisfaits, au Solutré des utopistes ! Ce mouvement de résistance ludique est né le 6 mai 2007 à 23h17, suite à l'apparition de l'icône des Japonais, Mireille Mathieu, sur scène lors du raout "musical" de la droite décomplexée place de Concorde. Pour fêter l'élection de Zébulon 1er, elle lâchait son tube "Mille Colombes" a capella. Une page de l'Histoire de France se dessinait sous nos yeux. Du jamais vu ! De l'inimaginable ! Même l'humoriste le plus doué de sa génération n'aurait jamais pu imaginer un tel moment. Au-delà du kitchissime et du pathétique réunis, nous étions en train d'assister à un moment surréaliste. Trop c'est trop ! Certes il faut s'incliner devant le suffrage universel – au risque d'avoir mal – mais la démocratie a des limites qui venaient d'être franchies. Bien que n'étant ni militants, ni syndicalistes, ni encartés, notre sang de gauche ne fit qu'un tour! Il fallait réagir. Quinze jours plus tard, une petite bande de loosers (nous, c'est-à-dire la bande qui était devant la télé ensemble à 23h17) organisait la première chorale des "Mille colombes" devant le Fouquet's, en l'honneur du sauveur de la nation. Pour être vraiment honnête : nous avions remarqué que ces premiers instants sonores de "gouvernance autrement" avaient été assez mal vécus par les supporters de Zébulon (sur la scène et en dehors). Cette chorale serait donc leur madeleine de Proust mal digérée.
3 ans déjà ! Comme le temps passe lentement… Pour fêter le grand timonier de la pensée universelle, nous allons refaire une chorale devant le Fouquet's à Paris. Mais cette fois en sus du petit discours de bibi (c'est pas la matière qui manque), vous aurez une fanfare, un lâcher de colombes, une distribution de billets de 500 euros pour relancer le pouvoir d’achat, de surplus de vaccins anti-grippe et de masques, de drapeaux français et bien sûr… Mimi et ses "Mille colombes", que nous allons entonner le plus faussement possible tous en chœur, pour nous achever et puis… quelques surprises. Le but de ce mouvement étant de mettre en avant, de façon humoristique, les errances et les carrences de ce pouvoir et de son idéologie, tout cela doit doit se passer dans la joie et la bonne humeur moqueuse. Regardez la vidéo ci-jointe : l'ambiance a été familiale et bon enfant, qu'elle le reste. A noter que la police a toujours été très cool avec nous, qu'elle le reste. Rendez-vous le 6 mai à 20H devant le Fouquet's. Que l'espoir soit avec nous.
Nicolas Sarkozy, M, le magazine du Monde, 24 mars 2012
En route vers un second tour : « Le Nul » contre « Le Sale Mec ». Quand le Président-candidat « prend par la main » le reporter Philippe Ridet, il a évidemment une idée derrière la tête. Distiller par le canal d’un « off » destiné à être branché de suite sur le mode « on », une dose du venin susceptible de paralyser l’adversaire. En la circonstance, l’opposer à l’ancienne qui se voit décerner un brevet de « charisme », alors que les membres du « Sarko Tour 2007 » murmuraient à l’oreille des journalistes, que la « Nulle » c’était elle. Philippe Ridet, aurait pris le « Sarko Tour 2012 » à une étape précédente, c’était Martine Aubry qui était regrettée, car elle au moins avait des « convictions ». Dans la série « casser » l’ Autre, que faire de mieux ( ou pire) ? Plus que nul, il y a bien archi-nul, mais ça fait redondance, alors que le « sale mec » lancé naguère par François Hollande sans avoir l’air d’y toucher, a des applications multiples. Est-ce pourquoi les Sarkozystes ont surréagi au « sale mec » quand les Hollandais ont opposé un silence remarqué au « nul » propagé par le Monde ? François Hollande a juste ironisé : « ça se rapporte toujours à celui qui l’emploie. » C’est que, pour l’heure, il semble y avoir une majorité de l’opinion pour penser que le risque qu’un « nul » l’emporte est moindre que celui d’un « sale mec » qui rempile.
Martine Aubry, compte rendu de mi-mandat à la mairie de Lille, 23 juin 2011
Présidente de la République, ministre de la Culture, maire
de Lille, première secrétaire du PS, bonne copine ou supportrice du LOSC, il
fallait choisir en cette veille d’annonce de candidature aux primaires
socialistes. Angoisse de la gardienne de Solferino, au moment du tir aux pigeons
de la campagne présidentielle ? Martine Aubry qui entretient avec la
syntaxe académique les rapports
conflictuels de tout énarque plongé dans le grand bain populaire, a donc énoncé
cette maxime abyssale.
Dans l’esprit on peut l’entendre comme une salutaire
incitation aux richesses de la vie et à l’imagination eschatologique. A la lettre
c’est le manuel du parfait petit naufragé. Les marins savent ce que cap veut
dire, ils se garderaient bien de laisser aller la barre un coup vers le port,
un autre vers le large, ou encore un mouillage abrité ou une régate disputée. Sur l’eau, le compas ne ment
pas. Si l’on se fixe un cap c’est qu’on a un objectif et un seul. L’objectif change ? Mieux vaut infléchir le cap, sinon c’est
la mauvaise surprise assurée. Mais elle est comme ça Martine Aubry, elle ne veut pas
paraître « habitée » par une seule ambition élyséenne (« Tu ne convoiteras point
la maison de ton prochain »). Si elle se résigne à concourir, c’est
pour la France et les Français.
Pas moins, mais pas plus non plus. On ne l’amputera pas du reste. Même
si, à son corps défendant, elle doit faire taire ses détracteurs :
« Même pas cap’ ! »
Nicolas Sarkozy, «Paroles de Français », TF1, jeudi 10 février 2010
Le
jour où les paquebots traverseront les villages, les hélicos se poseront sur le
toit de l’Eglise. Le préposé aux « éléments de langage » avait dû
fumer la moquette de l’Elysée, avant l’émission du Président. Ou bien saturé
son i-pod de Michel Sardou pleurant le destin du « France », devenu
trop grand dans un monde trop petit. Sauf que c’est l’inverse aujourd’hui. La
France fait figure de coquille de noix sur l’océan de la mondialisation. En
fait, le message subliminal était peut-être que si le paquebot tricolore flotte encore c’est grâce à son « immense »
capitaine, dont chacun devrait
savoir qu’il va bientôt accueillir les nains de jardin du G20.
L’arrière-pensée
électorale était en tout cas audible aux oreilles les moins exercées. Elu en
2007 sur le thème vous allez voir ce que vous allez voir, persistant jusqu’à l’année
dernière dans le registre ça va marcher puisque je vous le dis, le président à
la barre et qui entend bien le rester, avertit que ça prendra plus de temps que
prévu. Bref, qu’un second quinquennat ne sera pas de trop pour arriver à bon port. Car
il est connu que la force d’inertie
des grands bâtiments qui vont sur l’eau rend les changements de cap assez longs
à opérer.
Pour
un changement d’équipage, il faudra quand même attendre la prochaine escale.
Elle est programmée en 2012.
Prévoir des gilets de sauvetage, si jamais la relève n’était pas au
rendez-vous.
L’idée
que François Bayrou se fait d’une idée enfantine a de quoi affoler dans les
maternelles. Il viendrait naturellement à l’esprit des mioches, le commerce des substances opiacées et
les roueries de la politique ! On les croit scotchés devant les
Télétubbies, ils lisent en
douce Millenium !
A
moins que l’évocation des noirceurs enfantines ne soit qu’une manière de
masquer ses propres turpitudes, en l’espèce deux rencontres discrètes avec un
Nicolas Sarkozy contre lequel il était entré « en résistance ». Le régime n’en a pas été plus ébranlé que ça, tandis que le capital de voix constitué par François Bayrou en 20O7 se dilapidait au fil des
élections. Seul réconfort, Nicolas Sarkozy commence à faire une allergie au
Nouveau Centre – les Iagos du Modem - depuis qu’un des siens a des
démangeaisons présidentielles.
Pour
le président de la République en quête de réélection mieux vaut un centriste
qui braconne à gauche, qu’un centriste qui déconne à droite. Pour le président du Modem un petit
espace s’ouvre alors pour revenir dans le jeu de son ancien camp sans changer de
maillot. Un enfant de cinq ans le comprendrait. Justement, François Bayrou a
une trop haute opinion de son destin pour le laisser à portée des enfants. Une intelligence aboutie est demandée à
quiconque prétend interpréter ses choix. Le Modem bientôt interdit aux moins
de 18 ans ?