Marie Nimier et Karelle Prugnaud en flagrant délit de promo
Marie Nimier et Karelle Prugnaud en flagrant délit de promo ventscontraires.net Théâtre du Rond-Point
Karelle Prugnaud met en scène La
Confusion de Marie Nimier. Pour
ventscontraires.net, elles nous parlent de la pièce, de leur
collaboration et se laissent même aller à une promo éhontée. Mais
comme elles sont vraiment trop cute, on les a laissées faire.
Comment êtes-vous passée de l’écriture romanesque à
l’écriture théâtrale ?
Marie Nimier :
J’ai toujours voulu écrire pour le
théâtre. Le théâtre m’a toujours plu et intimidée.
Adolescente, je découvrais les univers de Robert Wilson et d’Ariane
Mnouchkine, ce fut le coup de foudre. La scène pour moi a toujours
été associée à la vie, au partage, à l’aventure collective,
alors que le roman avait quelque chose à voir avec la solitude et la
mort. Grâce au chorégraphe Dominique Boivin, j’ai fait mes
premiers pas en crabe vers la scène, le spectacle s’appelait A
quoi tu penses ?, ce fut une expérience exaltante. J’étais à la
recherche d’une parole fluide, mais faite de reprises,
d’atermoiements, intimement liée aux mouvements des danseurs et
encore proche du monologue romanesque. J’étais encore trop
effrayée pour passer à l’acte d’écrire vraiment
pour le théâtre, jusqu’à ce que la publication de La Reine
du silence m’offre les commodités financières et la disponibilité
de me consacrer à un projet nouveau. J’avais un an devant moi, je
m’y suis mise, je n’avais aucune obligation de résultat, j’avais
seulement les moyens et le temps de m’y consacrer. J’ai écrit
alors mes deux premières pièces La Confusion, puis Adoptez un
écrivain (éditions Actes sud Théâtres). Aujourd’hui, je reviens
fouler les sols du Théâtre du Rond-Point où je faisais, gamine, du
patin à glace ! C’est un ancien territoire de glisse qui m’émeut
beaucoup. J’ai l’impression de retrouver quelque chose
d’essentiel, qui tient à la fois de l’enfance et de
l’accomplissement. Je reviens dans ce lieu chargé d’images, je
me sens faite de tous ces mélanges,
de toutes ces histoires, et cela prend soudain un drôle de
sens… Comme si quelque chose s’était incarnée, c’est ça,
avec le passage à la scène, grâce à toute une équipe, quelque
chose de moi prend corps, quelque chose de moi, qui n’est pas moi.
C’est la vie même, non ?
Faites-vous, avec le texte de Marie Nimier, plutôt du théâtre,
de la danse, du cirque, une performance ?
Karelle Prugnaud :
Cette fois-ci, nous investissons
l’unité de lieu théâtral, celui qu’apporte le texte de Marie,
pour tenter d’y élaborer un travail performatif. Une boîte où
les images se construisent et déconstruisent sous l’oeil du
spectateur. Partir du réel, de l’hypra réalisme, du théâtre de
situation pour tenter de le faire basculer dans l’imaginaire. En
mélangeant des codes, des genres.Nous travaillons avec des artistes
venant de différents horizons : le dessinateur Mickael Pecot
Kleiner, le vidéaste Maximilien Dumesnil, les musiciens Bob x et
Fabien Kanou... Marcher sur le fil du réel en tentant de le faire
basculer. Le texte de Marie est un texte de théâtre, nous allons
donc faire du théâtre. Mais un théâtre sur le fil...
(Propos recueillis par Pierre Notte)