« Le débat de la prochaine présidentielle ne se jouera pas droite comme gauche, euh, droite contre gauche. »
Nicolas Sarkozy, TF1, mercredi 15 février 2012
Pour un candidat-président qui allait « cliver » à mort durant
la campagne afin de transformer le « Flanby » socialiste en bouillie
de chat, pas étonnant qu’il se soit mélangé les pinceaux. En se lançant officiellement dans la
bataille, il s’est métamorphosé en président au dessus des partis, des
syndicats et même des « élites », qui ne décidera plus de rien à
l’avenir sans « donner la parole au peuple. » Promis, juré, craché. Et
le peuple, c’est malheureux mais c’est ainsi, comprend des gens de gauche.
Alors, évidemment, les référendums à venir – déjà trois au compteur - mieux
vaudrait qu’ils transgressent les camps politiques sur des sujets bien tordus,
s’il ne veut pas qu’à chaque fois les électeurs se remobilisent sur le mode « Dégage ! » Enfin, s’il est réélu. Car d’ici là, il
y a du boulot. On ne dira jamais assez le stress du président qui se succède à
lui même. Une seule exception : Mitterrand en 1988. Sarkozy en 2012 serait plutôt dans le
mimétisme giscardien. Ce qui n’est pas le bon choix quand on se souvient de ce
qu’il advint en 1981. Mais la peur de perdre peut être mauvaise
conseillère : il a ainsi opté
pour un slogan de campagne : « La France forte ! », quasi identique à celui de Giscard voici
trente ans : « Il faut une France forte. » C’est sans doute ce
qui explique l’autre lapsus de son annonce de candidature, quand il a failli dire qu’il concourrait
pour un second « septennat. »