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Publié le 18/02/2012

Le vagabond des étoiles



Mince, la rue des Batignolles est encore bouchée ! Depuis le temps qu’on doit la mettre en sens unique… C’est ça, klaxonnez, bande d’andouilles ! On est coincés, c’est tout ! Dans le rétroviseur, des coudes, des bras ornés d’une cigarette, et puis, plus près... Tiens ? Un jeune homme, qui me sourit et me fait coucou d’un signe de la main…Il avance vers moi, se penche…
- Salut monsieur… Je vais à Neuilly… Je peux monter ? Drôle de façon de saluer un vieux.
- Salut jeune homme… Neuilly ?  Allez y…
- Merci beaucoup…
Il a la vingtaine, il est pas mal de sa personne, souriant, un livre à la main qu’il pose sur ses genoux :
- C’est sympa ce genre d’encombrement…
- Ouais.. vachement. Tiens ? Vous lisez quoi ?
- Un truc génial : « Paris insolite » de Jean-Paul Clébert…
- Ah…Ouais ?
Aussitôt, ma gorge se noua…
- Et tu aimes ?
- Si j’aime ? Tu plaisantes ? Ces errances de vagabond à travers Paris, le grenier des maléfices, la nuit opaque et fatiguée de la salle d’attente de Saint-Lazare… Comment ne pas aimer ?
- Ah ouais… Je me souviens… Le bordel de Fourcy, le tango du chat, le petit Bacchus de la rue de la Harpe… Mais c’est vieux tout ça… Tu aimes vraiment ?
- Tu parles !  Cette langue est si belle et si intelligente qu’elle pointe le cœur en direct… J’adore ! On s’était tutoyés sans le faire exprès. Pourquoi la providence avait-elle placé dans ma bagnole un gars qui aimait le même livre que moi quand j’avais son âge ? On a commencé à parler... De Clébert, du Paris des années cinquante, de Giraud, de Doisneau…Libérés de l’embouteillage, l’après-midi s’est déroulé en discussions, en rires, en coups de gueule et en coups de rouge. Le soir venu, on a continué la tournée des bistros, on a traîné sur les quais de Seine déserts… La nuit… « Je suis à Paris. Ce seul fait est déjà une bénédiction. Combien de fois le nez dans la paille d’une grange ou le dos fouetté par la pluie sur la route, ai-je pensé à cet instant ? Mais combien de fois aussi vais-je maintenant rêver, les nuits sur les bancs, l’estomac vide et les engelures aux doigts, au soleil d’Espagne ou aux bordels d’Anvers ? Vagabondage… »  

Le vagabond Jean-Paul Clébert a rejoint les étoiles le 21 septembre 2011. Il avait 85 ans.

> Au sujet de Jean-Paul Clébert, vous pouvez aussi lire cette chronique de Thomas Vinau.
Publié le 15/02/2012

Victor Hugo, oh ! oh !



Le prochain anniversaire de Victor Hugo remet en actualité ce touchant souvenir : le 26 février 1802, lorsqu’on vint déclarer à la mairie de Besançon la naissance de l’illustre poète, le scribe municipal en entendant décliner les nom et prénom de l’enfant ne put réprimer un mouvement d’admiration :  « Victor Hugo, oh ! oh ! »   Le soir, au repas de famille, il ajouta au menu ordinaire deux bouteilles de vin vieux. Comme sa femme et ses enfants semblaient étonnés de ce luxe : « Nous pouvons bien faire un petit extra ce soir, car c’est aujourd’hui qu’est né Victor Hugo, notre grand poète national. »   (Le Chat Noir, Alphonse Allais, le 14 mars 1885)
Publié le 13/02/2012

Le mystère



Le mystère avait duré quelques jours. Vus le tas de lessives en retard et le rythme d'asservissement quotidien, les choses sont passées toutes seules, incognito, jusqu'à ce que ma douce commence vraiment à en manquer. Un de ces matins en retard, au sortir de la douche, toute ruisselante d'urgence, elle m'appelle en catastrophe. Qu'est ce que j'ai bien pu faire de ses trois soutifs tout neufs ? Soie, satin, et baleines proches de la perfection des baleines. Bin rien, j'ai pas touché. S'ensuit un embrouillamini express habituell et puis hop, un jour sur un autre, la semaine qui mine de rien s'empile sur elle même. Et ce matin, en fouillant des yeux l'horizon pour tâter le terrain de la température, je comprends tout. Bataillon rangé au fond du ciel. Formation d'attaque longue distance en V. C'est la grande migration. Une escadrille de soutiens-gorges sauvages traverse les nuages.
Publié le 12/02/2012

« Un bon exemple vaut mieux que de le suivre. »



Ambrose Bierce, à tous les followers
Publié le 11/02/2012

La publicité, ou l'art de maquiller le cadavre



Ô temps de cerveau disponible, reprends ton vol ! Pitié ! La pub, c'est un peu la voix du sage, celle qu'on refuse d'écouter. Pas la sagesse bouddhiste, c'est vrai, ni taoïste, je l'accorde, ni épicurienne, ni rien du tout. Non, là, c'est nouveau, ça vient de sortir ! Et nous les récalcitrants, enfin, certains d'entre nous (je ne parle pas de moi), on ferait n'importe quoi pour échapper à la réclame. On commence par boire pour prétexter d'aller pisser pendant la pub, et on finit par boire pour oublier qu'on la regarde. Mais on la regarde. Et « beaucoup plus » qu'un produit, on nous vend le monde tel qu'il devrait être. Le : « beaucoup plus que... » sert à montrer la valeur ajoutée du truc. Résultat, on croit bêtement acheter de la soupe et on se retrouve à partager un repas convivial en famille. Merci ! J'avais pourtant acheté la brique en format individuel ! On nous parodie honteusement Simone de Beauvoir pour vendre du Blédina : « On ne naît pas mère, on le devient. » Est-ce à dire que les femmes se font baiser, dans l'histoire ? Mais non, enfin ! Et cette autre pub pour une voiture : « Sans cœur nous ne serions que des machines. » Résultat, dans les chaines de l'usine où on la construit, la bagnole, on a entendu des DRH dire aux ouvriers : « Allez, les mecs, vous avez compris : on met du cœur à l'ouvrage ou on vous remplace par des machines ! » Car oui, parfois les slogans tiennent leurs promesses...
 

Extrême-drague



Elle aimait se sentir désirée. Ce frisson que provoquait un regard enflammé sur sa nuque, tandis qu’elle feignait l’indifférence. Elle se retournait alors légèrement, offrant son profil à la vue de son prétendant. Elle veillait, cependant, à ce que leurs regards ne se croisent pas. Pas encore. Débutait alors sa partie préférée de la soirée : ces instants volés à l’horloge ou plus rien n’existait, sinon la tension entre deux corps hésitant à se rapprocher. Elle ne connaissait de plaisir plus grand que celui de cette parade silencieuse. Même lorsque, invariablement, elle finissait dans ses bras, aucun sentiment n’égalait  la fierté d’être son centre de gravité, durant les minutes où il ne la quittait pas des yeux.
Mais, ce soir là, l’ennui la gagnait. Il s’était rapproché trop vite, trop tôt. Il semblait déjà prêt à engager la conversation. Leurs mains s’étaient frôlées, à son grand désespoir, réduisant à néant  l’infinie possibilité des gestes pas encore esquissés. Sa voix résonna au creux de son oreille. Elle répondit, fixant son séducteur devenu trop réel pour être un fantasme. L’envie de couper court la gagna.            
L’extrême-droite détourna son regard du Ministère de l’Intérieur.
Aminata Sène
Internaute




 
Publié le 07/02/2012

Gigi, c'est toi, là bas dans le noir ?



Le Vatican organise aujourd'hui une célébration pénitentielle pour les victimes d'abus sexuels. Elle aura lieu dans le noir pendant 15 minutes. Honnêtement, 15 minutes dans le noir avec des prêtres pédophiles repentis, ça vous rassurerait, vous ?
Publié le 17/02/2012

Tout est bio qui finit bio



« Tu me connais, je ne lésine pas sur la qualité du produit ! D’autant que là c’était pour le môme. Je voulais mettre toutes les chances de mon côté, enfin surtout du sien ! Lui donner un bon départ. Je suis donc allée me fournir directement à la campagne. Je traînais sur les marchés, à tout hasard, et c’est là que je l’ai vu. Il vendait du bio en lisant " Poésie agricole et autres nouvelles vertes ", assis derrière son stand de fromage de brebis, les cheveux mal peignés et le pull tricoté pied. Il avait tout l’air du bon gars, élevé au grain, sans pesticide ni OGM. Il respirait la santé, et crois-moi, je me trompe rarement sur la marchandise !
La transaction a été rapide. Il était du genre facile à convaincre. J’ai pris sa semence. Ça n’a d’ailleurs pas eu l’air de lui déplaire. J’allais donc m’en retourner couver tranquille pendant neuf mois quand l’imbécile s’est mis en tête de me retenir. Il a commencé à parler relation sérieuse, amour et même mariage ! J’ai tenté les répulsifs en tout genre, mais rien à faire. Un vrai morpion. Il a même fini par me menacer : il réclamait la moitié de l’enfant à venir !

— Non mais quel fumier ! T’aurais dû l’utiliser comme engrais pour ton jardin…

— Tu crois pas si bien dire ! D’ailleurs, depuis, je trouve qu’elles me regardent bizarre mes tomates…»



Publié le 14/02/2012

Musique !!!


Luc Ferry enrôle de force Mozart contre les tambourins
La parole politique ne connait pas la honte et encore moins la musique.  Sait–il seulement ce Luc Ferry,  ancien ministre de l’éducation nationale qui enrôle de force Mozart contre les tambourins,  ce que l'on doit au bruit des tam-tam à Congo square à la Nouvelle Orléans ? C’était  le dimanche après midi, aux toutes premières années du 19ème siècle, les esclaves avaient du temps libre, ils se rassemblaient  sur la place où on les avait vendus, ils chantaient et dansaient,  se réparaient l’âme et le corps,  ondulaient avec leurs souvenirs. Leurs danses s’appelaient la Calinda, le Congo, la Bamboula. Bientôt ils furent un demi millier sur la place chaque dimanche,  tout le quartier vibrait par la grâce d’une musique unique au monde,  mêlant le  tam tam endiablé, les lamentations du banjo,  et la magie d'un saxophone qui semblait naitre à la vie. Introduit dans la région par les troupes coloniales françaises, il souffrait, pauvre saxophone, sous les doigts de blancs bec qui ne connaissaient rien d'autre que la fanfare militaire. Les esclaves eurent vite fait de le récupérer, alors  comme dans une alchimie amoureuse, le sax offrit tout ce qu'il avait dans le ventre à  leurs sanglots d'hommes noirs.  Congo Square a aujourd’hui sa pancarte au milieu d’un vaste parc appelé Louis Armstong. C’est là que s’annonçait le jazz. Tout a commencé par des tam-tam et la rage d’hommes enchainés par notre grande et belle civilisation.  
Publié le 13/02/2012

Le doigt dans l'os


Histoires d'os 26
Etabli à Glen Rose dans l’état du Texas, le Musée de l’Evidence de la Création est un établissement dont le but avoué est de rassembler et d’exposer les preuves matérielles de la création divine, preuves susceptibles d’en finir avec la théorie impie de l’évolution des espèces.   C’est ainsi que ce musée réunit une impressionnante collection d’objets insolites et de précieuses raretés attestant la présence de l’homme sur terre depuis des temps immémoriaux. Ainsi ce marteau fossile datant de l’époque crétacée et qui n’a pas encore rouillé depuis sa découverte aux environs de Londres en 1934. Ainsi cette botte fossilisée provenant du Jurassique et dont le cuir possède encore l’éclat ciré du neuf. Ainsi ces traces de semelles déposées sur une dalle archéozoïque ou encore cette empreinte de pied humain déposée dans le lit de la rivière Paluxi, juste à côté de celles de trois orteils d’Acrocanthosaure, sympathique dinosaure dont on ignore si son voisin  le promenait en laisse.   Mais le clou de ce musée demeure un doigt humain fossile, datant également du lointain Crétacé. Un doigt dont même les parties molles ont été miraculeusement conservées et qui se dresse fièrement depuis deux cents millions d’années dans le but d’exprimer son profond désaccord avec la théorie des évolutionnistes. Une seule question demeure : où sont passés les quatre autres doigts ?
 

La bourse ou la vie !



Comme je n’attends pas que la vie me donne des coups ou qu’un type me braque pour me piquer mon fric, je me suis mis un bon coup de poing dans le ventre, puis j'ai mordu ma main, avant de me tirer les oreilles. Je n’ai même pas eu mal, car je n’ai pas du tout peur de moi ! C’est tout de même moins impressionnant de se faire agresser par soi-même ! Dans la vitre de l’abribus, je me suis lancé un regard froid avec un tas d’insultes : « Pov con ! Donne-moi ton sac ! » avant de me menacer avec un couteau, à bout rond, en plastique — parce que je ne voulais pas avoir de problèmes avec les flics ! Je me suis fait les poches, puis j'ai couru, avec mon portefeuille sous mon pull, vers les toilettes publiques plantées sur la place de ma ville-dortoir. À l’intérieur, je suis tombé sur un vieux (aux grosses valises sous les yeux) qui pissait dans un urinoir bouché, en fredonnant du Brel. Quand il m’a vu, il a vite remonté sa braguette, et il est sorti, sans se laver les mains. En nage, j'ai plongé ma tête sous le robinet du lavabo, avant de me fixer avec un sourire carnassier, dans un miroir moucheté d'eau. J’ai ouvert le portefeuille que je venais de me voler, mais — cruelle déception — il ne contenait qu’un billet de cinq euros. Pourquoi prendre autant de risque pour si peu ? C’est vraiment la crise, les gens n’ont plus un rond sur eux ! Alors, j’ai foncé dans le premier café perdu, pour m’acheter un jeu à gratter. Optimiste ? Sûrement ! Je crois que la chance, ça existe encore, et qu’on ne peut pas recevoir que des coups dans la vie !
Stéphane Meireles
Internaute




 
Publié le 10/02/2012

Les requêtes du Graal


Ventscontraires.net répond à toutes vos questions

Les statistiques de fréquentation de ventscontraires.net sont une source inépuisable d'émerveillement. Outre la fidélité grandissante des aficionados de la revue (merci à vous), on découvre que bon nombre d'internautes sont arrivés sur le site par le biais de recherches Internet pour le moins... saugrenues.   Parmi les requêtes les plus improbables du mois dernier, nous vous avons préparé une petite sélection et nous sommes efforcés de répondre à quelques unes des questions que vous vous posez.   Un internaute s'interroge en ces termes « Angela Merkel a qu'une jambe ? ». Au départ, cette question nous a fait sourire mais en cherchant dans google images, il nous est apparu que très peu de photos représentent la chancelière allemande en pied. En creusant un peu plus, nous avons même découvert ce cliché. Nous ne savons rien de son authenticité mais avouez qu'il est troublant.     Au lecteur curieux de connaître la date de la « fête de Pierre Notte », nous pouvons tout de go répondre que la Saint Pierre se fête le 22 février et le 29 juin. Si vous souhaitez lui adresser vos vœux, n'hésitez pas à contacter la rédaction qui lui transmettra.   Un autre internaute souhaiterait savoir « de qui Gaspard Proust est le fils ». Cette émouvante photo d'époque semble apporter un premier élément de réponse.     Au taxidermistophile qui recherchait une image de « girafe mal empaillée », nous pouvez suggérer de jeter un œil sur cette page qui recense une série d'animaux salement naturalisés. Et s'il se ravise et préfère désormais découvrir des girafes si magnifiquement empaillées qu'elles semblent vivantes, nous l'invitons à découvrir l'oeuvre de la nouvelle icône de l'empaillage made in USA, Chuck Testa.    
Publié le 09/02/2012

Chronique Rurale


Quatrième jour : les seins de Nadine.

Ses seins ronds et fiers semblent toujours se porter aussi bien, sous son sous- pull moulant en lycra mauve. Jamais ils ne renoncent, jamais ils ne baissent la tête. Nadine est célibataire, en tout cas elle n’a pas d’alliance et personne ne vient la chercher à la sortie du boulot. Elle habite un petit pavillon juste derrière l’école primaire, et elle prend le bus tous les matins pour se rendre au supermarché Paclerc, où elle exerce l’admirable métier d’hôtesse de caisse.  
Chacun de mes passages en caisse n°4 -en général le jeudi soir et le lundi matin- sont l’occasion d’un étrange rituel que nous partageons Nadine et moi, de façon quasi- inconsciente : alors que  je m’apprête à sortir mon portefeuille afin de m’acquitter de l’impôt citoyen en faveur de la croissance et de la relance de la consommation, elle soulève soudain son frêle menton vers moi, me sourit sensuellement (ça lui échappe), et me demande d’une voix simple, mais qui me fait immanquablement sursauter (et parfois, je l’avoue, rétrospectivement, bander) : « vous avez la carte de fidélité ? ». Me dit-elle avec son regard vert. J’ai souvent l’irrépressible envie de lui répondre que oui, qu’à elle je pourrai être fidèle toute une vie, que ses lèvres naturellement glossées me donnent des rougeurs, que quand je la voie j’ai envie de chanter, que je me déshabille tous les soirs et que je mets mon pyjama en pensant en elle, et tant d’autres choses si romantiques. Mais je me contente de dire non, de penser cyniquement que jamais je n’ai été fidèle à quelqu’un ou à quelque chose, ni que personne d’ailleurs ne l’a jamais été à moi-même, alors que je ne vais pas commencer ma carrière en fidélité par un supermarché. Ca fait bip, je mets ma carte, je tape mon code, et un nouveau client me dérobe alors le sourire et les seins de Nadine.

Je sors, écrasé par la désillusion, affamé de sexe et d’amour, tout espoir tué.
Publié le 07/02/2012

Au théâtre ce soir



Indéniablement, le spectacle est touchant. Ne gâchons pas notre enthousiasme, laissons nos petits cœurs de midinettes prendre le pas sur la raison puisqu'ils ont des raisons que la tiède et paisible réflexion ignore. Et applaudissons. Applaudissons. Applaudissons, car le spectacle est beau et nous ne comprenons rien à rien. Comment avons-nous pu nous fourvoyer à ce point en collant à cet homme doux une étiquette de matamore colérique, ambitieux au-delà du supportable, fort en gueule, d'histrion dévolu à l'emploi de troisième rôle.
Valet fourbe et traître, ce n'était pas Scapin, c'était Iago. Ce n'était pas Matti, c'était Mosca. Finalement, on lui trouvait davantage des ressemblances avec un Puntila dégrisé, un Arturo Ui en pleine forme ou un roi Ubu ivre de lui-même.
Indubitablement on se trompait. Méchants que nous sommes. Ce que c'est que l'aveuglement. Car on l'a vu, ces temps-ci, offert aux foules, rieur, blagueur, onctueux comme une crème anglaise, sucré comme le miel, faire risette aux enfants et aux ouvriers, des ouvriers que les méchantes langues disent triés sur le volet pour jouer les utilités ; on l'a vu, complice avec eux, franc du clin d'œil, amical de la tape sur l'épaule. Il se confierait à eux s'il n'y avait la malencontreuse présence des tendeurs de micros et autres porteurs de caméras. D'ailleurs, il leur dit, aux ouvriers, lorsqu'impatients ceux-ci lui demandent s'il a l'intention de se présenter à l'élection, et ne craint pas de l'affirmer devant les micros et les caméras. En son for intérieur, l'homme n'aime pas la surexposition. Modeste, tempéré, simple. Il n'y a qu'à entendre sa voix, regarder son sourire plein de compréhension et d'indulgence. Mais courageux. Au point de ne pas craindre de prendre des mesures « impopulaires » risquant par le fait d'écorner sa popularité, comme il ne craindra pas de faire son mea culpa, de confesser « le moment venu » les quelques faiblesses dont il aura pu faire preuve, les erreurs de jugement qu'il n'aura su éviter.
On se trompait en tout. Ni Puntila, ni Ui, ni Ubu, c'est Tartuffe qui est à l'affiche en ce mois de février. Richesse du répertoire !
Publié le 16/02/2012

« Le débat de la prochaine présidentielle ne se jouera pas droite comme gauche, euh, droite contre gauche. »


Nicolas Sarkozy, TF1, mercredi 15 février 2012
Pour un candidat-président qui allait « cliver » à mort durant la campagne afin de transformer le « Flanby » socialiste en bouillie de chat, pas étonnant qu’il se soit mélangé les pinceaux.  En se lançant officiellement dans la bataille, il s’est métamorphosé en président au dessus des partis, des syndicats et même des « élites », qui ne décidera plus de rien à l’avenir sans « donner la parole au peuple. » Promis, juré, craché. Et le peuple, c’est malheureux mais c’est ainsi, comprend des gens de gauche. Alors, évidemment, les référendums à venir – déjà trois au compteur - mieux vaudrait qu’ils transgressent les camps politiques sur des sujets bien tordus, s’il ne veut pas qu’à chaque fois les électeurs se remobilisent sur le  mode « Dégage ! »  Enfin, s’il est réélu. Car d’ici là, il y a du boulot. On ne dira jamais assez le stress du président qui se succède à lui même. Une seule exception : Mitterrand en 1988. Sarkozy en 2012 serait plutôt dans le mimétisme giscardien. Ce qui n’est pas le bon choix quand on se souvient de ce qu’il advint en 1981. Mais la peur de perdre peut être mauvaise conseillère :  il a ainsi opté pour un slogan de campagne : « La France forte ! »,  quasi identique à celui de Giscard voici trente ans : « Il faut une France forte. » C’est sans doute ce qui explique l’autre lapsus de son annonce de candidature, quand il a failli dire qu’il concourrait pour un  second « septennat. »
Publié le 13/02/2012

La femme, ce poison !


C'est un vrai poison, ce bidule qu'on appelle la femme !  Pourquoi a t-elle un cerveau ? Une bouche, un vagin et deux bras aurait suffi au bonheur de l'homme sot. Mais le cerveau de la femme s'est mis à produire des idées de parité. Qui font mal aux testicules. Des femmes pour diriger une entreprise, une administration, présider un conseil, donner des ordres ! Est-ce qu’on leur dispute le droit à la grossesse ? Y a qu’à repromettre la parité. A 40% ! Pour éviter le quéquette blues. Oh, attention, pas pour tout suite, pour 2018 ! Au goutte à goutte ! Pour nous  mithridatiser, contre ce poison…
- Heu... si je peux me permettre, dans des lois plus anciennes, on avait parlé de 50 %... - Vous en êtes sûre, madame Chaussure ? - Affirmatif, monsieur Bourpif ! - Ils ont dû faire une erreur, madame Vapeur ! - Non. Je peux vous lire la définition du terme parité, monsieur Chospié ! - On verra par la suite, madame  Tagueule ! - Ça ne rime pas du tout, monsieur Bandemou ! Et cette loi ne rime à rien non plus, monsieur Fégaf-Hatoncu ! Bref, les mamies ne lui disent pas merci, à cette loi, et les autres sont trop occupées à produire des ovocytes et du boulot pour penser à mal. Pourtant, quand ça sert leurs intérêts, les puissants n'attendent pas la fin d'un quinquennat, plus un quinquennat, plus le début d'un autre pour agir ! (et se disent que d'ici là, centrales nucléaires, révolutions, réchauffement climatiques aidant... y aura plus urgent à régler, madame Baisée).      
Publié le 12/02/2012

Industrie et rouflaquettes : le retour de la contrainte extérieure


Econotrucs #6

Dans le débat économique de ces derniers mois, le sujet de la  « politique industrielle »,  cette vieille lanterne pompidolienne,  a fait un come back détonnant. OK, je l’admets, ces jours-ci, d’autres choses peuvent nous rappeler la France de Pompidou, comme la peur des Chinois, le contrôle de la télévision publique (et de l’O.R.TF1), ou encore Jacques… Heu, Thomas Dutronc. Mais ceci est une rubrique économique… Si sauver quelques emplois ouvriers juste avant les élections ne relève pas de la politique industrielle, mais de la cosmétique,  cela vous a au moins permis de découvrir, la larme à l’œil, que notre pays avait perdu une large partie de son industrie.  On se rappelle subitement qu’on ne peut pas vivre sans industrie.   On assiste en fait au retour d’une ancienne terreur, qu’on avait plus connue depuis que  nos ministres ont abandonné les lunettes en plastique marron et les rouflaquettes : celui de la « contrainte extérieure ». Un pays est « contraint » lorsqu’il voit ses importations progresser plus vite que ses exportations. Il doit donc les financer par la dette, et cet endettement va peser sur la valeur de sa monnaie. Dans les années 70, cela voulait souvent dire une monnaie attaquée, une dévaluation pour trouver sa compétitivité extérieure. C’est une des raisons pour lesquelles on à créé le SME puis la monnaie unique. Une dette en euros essentiellement détenue par des investisseurs européens éliminait les questions de contrainte extérieure. Ce qui devenait important, c’était l’équilibre commercial de la zone euro, qui était grosso modo assuré grâce aux excédents commerciaux allemands. L’Europe  restait globalement légèrement excédentaire vis-à-vis du reste du monde.   Pour être plus clair, disons que d’un point de vue financier, on voyait l’Europe un peu comme les  Etats-Unis ou les excédents de tel état vont compenser les déficits de tel autre : personne n’a songé à attaquer le dollar lorsque la Californie était au bord de la faillite. Mais la crise a rappelé que la dette grecque et la dette allemande quoique libellées dans la même monnaie, n’étaient pas équivalentes, et donc que l’euro n’était pas suffisant pour éliminer la contrainte extérieure. Elle a souligné les faiblesses de l’Europe  : une construction inachevée avec un faible budget communautaire, une mobilité faible du facteur travail, et des mécanismes de solidarité inexistants, que l’on est obligé d’inventer en catastrophe, à la faveur de la crise.   Sur une planète où les trois quarts des échanges mondiaux portent sur des biens industriels, un pays qui n’est pas compétitif, (c’est-à-dire qui n’est pas capable de vendre les biens demandés sur le marché international) est conduit à avoir des difficultés grandissantes. Entre 1978 et 82, puis au début des années 90, la France a déjà connu deux vagues de désindustrialisation,  au point qu’on se demande si cette troisième vague ne vas pas sonner le glas de nos derniers bastions industriels. Le désarroi s’installe, que peut-on faire, face aux petits chinois sous-payés ?   On admet en effet désormais que la concurrence des pays émergents est largement responsable de la disparition de tout un pan de l‘industrie française : L’aspect positif des choses, c’est que la crise a sonné la fin d’une certaine mythologie libérale arrivée avec la mondialisation (une « économie de service », des entreprises « sans usines »). Mais puisque d‘autres pays européens sont parvenus à maintenir leur base industrielle, (en particulier l’Allemagne), ne peut-on pas nous aussi envisager une politique industrielle sans rouflaquettes et sans pantalon pattes d’ef, bref, une politique industrielle innovante, basé sur un nouveau modèle ?    Je tenterai de vous apporter des éléments de réponse au prochain épisode, mais j’ajouterai pour conclure que Pompidou, lorsqu’il passait à télé, avait de la classe, de la culture, et la cigarette au bec, choses qui nous manquent cruellement ces derniers temps.
Publié le 11/02/2012

Sid, vicieux


Un texte "plus civilisé"

C'était en 1991, un mardi. J'étais jusque là un jeune homme enjoué et taquin. Mais un certain Sid Meier fit irruption dans ma vie. Je m'enfermai dans ma chambre 25 jours consécutifs, pour n'en ressortir, le cheveu hagard et l'œil en bataille, que pour aller me chercher de quoi me sustenter. Des témoins affirment m'avoir entendu grommeler : « Encore un dernier tour et ensuite j'éteins ». 423 derniers tours plus tard, je me mis à hurler « Foutrebleu, les Aztèques sont arrivés sur Alpha Centauri avant moi ! »
Je venais de découvrir Civilization. Un jeu dans lequel tu diriges un peuple de 4000 av. J.C. à 2100, rien que ça, de la découverte de la roue à celle de la fusion nucléaire. Depuis, j'ai conquis le monde plusieurs milliers de fois, grâce à une habile stratégie (ne jamais jouer les niveaux les plus difficiles), je me suis énervé bien des fois parce que mon tank venait de se faire déculotter par un archer, j'ai dû me faire poser des pouces en téflon 670 heures après la découverte de la version pour Nintendo DS de ce jeu légèrement culte. J'ai atterri tellement souvent sur Alpha Centauri que là-bas, tous les patrons de bistrots me tutoient. Et je n'ai jamais donné la moindre technologie gratuitement parce que bon, même à la tête des Indiens, je reste Suisse.
J'ai arrêté ma carrière en politique le jour où je me suis rendu compte qu'augmenter le taux de luxuries ne suffisait pas à rendre les gens contents, mais je n'ai jamais réussi à me lasser complètement de Civilization, même le jour où j'ai découvert que ne jamais découvrir l'équitation ne rendait pas mes sujets plus heureux.
C'est pour ça que, quand chez nos pittoresques voisins français, le ministre des citations hasardeuses clame : « Toutes les civilisations ne se valent pas », je ne suis pas choqué outre mesure. Je ne voudrais pas être taxé de racisme ou quoi, mais franchement, le III est le moins bien de la série.
Publié le 10/02/2012
Publié le 08/02/2012

"Le problème d'image d'Eva Joly ne vient pas que de son accent, c'est aussi physique. "


Nadine Morano, Le Parisien/Aujourd'hui, mercredi 8 février 2012.
Le problème d’image de la ministre de  l’Apprentissage et de la Formation professionnelle, ce n’est pas son physique mais l’accent vulgaire qu’elle imprime à ses propos publics. 
Sous la Révolution elle aurait été Tricoteuse commentant les  têtes qui tombent dans la sciure,  sous la présidence Sarkozy elle est une sorte de Rabouilleuse, celle dont Balzac raconte qu’elle salissait l’eau pour mieux pêcher l’écrevisse. Dans son interview au Parisien elle fait carton plein en ironisant sur la chirurgie esthétique qu’elle croit déceler sur le visage de Ségolène Royal et le régime alimentaire qu’elle voit poindre derrière la ligne retrouvée de François Hollande. Bref elle y va fort, la Morano. Mais, elle, sa forme elle l’entretient sans faire appel à la médecine. Quand elle est pressée, elle cravache son escorte policière motorisée, au point que celle-ci, empruntant un couloir d’autobus parisien à contre-sens, renverse un  piéton qui sombre – quelques heures – dans le coma. Elle confesse par mégarde sur Twitter qu’elle «  bulle dans un spa avec des copines » alors que les Français pèlent de froid et que ses collègues font des heures sup’ (non rémunérées) au service du Président-candidat. Nadine Morano est une bonne cliente pour les médias. Avec elle le show est garanti et le buzz assuré (la preuve…) Une suggestion pour ses affiches de campagne législative : « Nadine Morano, celle qui ose tout. »
 
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