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(724 articles)

Ils nous pourrissent la vie avec leurs créations. Entrez dans un cabinet de curiosités et de fumisterie : chef d’œuvres inutiles.

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Publié le 18/02/2012
Publié le 16/02/2012

Ça eut payé


Bons points modernes #3

Publié le 15/02/2012

Victor Hugo, oh ! oh !



Le prochain anniversaire de Victor Hugo remet en actualité ce touchant souvenir : le 26 février 1802, lorsqu’on vint déclarer à la mairie de Besançon la naissance de l’illustre poète, le scribe municipal en entendant décliner les nom et prénom de l’enfant ne put réprimer un mouvement d’admiration :  « Victor Hugo, oh ! oh ! »   Le soir, au repas de famille, il ajouta au menu ordinaire deux bouteilles de vin vieux. Comme sa femme et ses enfants semblaient étonnés de ce luxe : « Nous pouvons bien faire un petit extra ce soir, car c’est aujourd’hui qu’est né Victor Hugo, notre grand poète national. »   (Le Chat Noir, Alphonse Allais, le 14 mars 1885)
Publié le 13/02/2012

Le mystère



Le mystère avait duré quelques jours. Vus le tas de lessives en retard et le rythme d'asservissement quotidien, les choses sont passées toutes seules, incognito, jusqu'à ce que ma douce commence vraiment à en manquer. Un de ces matins en retard, au sortir de la douche, toute ruisselante d'urgence, elle m'appelle en catastrophe. Qu'est ce que j'ai bien pu faire de ses trois soutifs tout neufs ? Soie, satin, et baleines proches de la perfection des baleines. Bin rien, j'ai pas touché. S'ensuit un embrouillamini express habituell et puis hop, un jour sur un autre, la semaine qui mine de rien s'empile sur elle même. Et ce matin, en fouillant des yeux l'horizon pour tâter le terrain de la température, je comprends tout. Bataillon rangé au fond du ciel. Formation d'attaque longue distance en V. C'est la grande migration. Une escadrille de soutiens-gorges sauvages traverse les nuages.
Publié le 12/02/2012

L'invention de Jean-Claude commercialisée par un grand constructeur


Plus fort qu'Autolib', la Zéro Carbone du peuple

L'invention de Jean-Claude, ventscontraires.net, Théâtre du Rond-Point
Publié le 10/02/2012
Publié le 07/02/2012
Publié le 17/02/2012

Tout est bio qui finit bio



« Tu me connais, je ne lésine pas sur la qualité du produit ! D’autant que là c’était pour le môme. Je voulais mettre toutes les chances de mon côté, enfin surtout du sien ! Lui donner un bon départ. Je suis donc allée me fournir directement à la campagne. Je traînais sur les marchés, à tout hasard, et c’est là que je l’ai vu. Il vendait du bio en lisant " Poésie agricole et autres nouvelles vertes ", assis derrière son stand de fromage de brebis, les cheveux mal peignés et le pull tricoté pied. Il avait tout l’air du bon gars, élevé au grain, sans pesticide ni OGM. Il respirait la santé, et crois-moi, je me trompe rarement sur la marchandise !
La transaction a été rapide. Il était du genre facile à convaincre. J’ai pris sa semence. Ça n’a d’ailleurs pas eu l’air de lui déplaire. J’allais donc m’en retourner couver tranquille pendant neuf mois quand l’imbécile s’est mis en tête de me retenir. Il a commencé à parler relation sérieuse, amour et même mariage ! J’ai tenté les répulsifs en tout genre, mais rien à faire. Un vrai morpion. Il a même fini par me menacer : il réclamait la moitié de l’enfant à venir !

— Non mais quel fumier ! T’aurais dû l’utiliser comme engrais pour ton jardin…

— Tu crois pas si bien dire ! D’ailleurs, depuis, je trouve qu’elles me regardent bizarre mes tomates…»



Publié le 15/02/2012
Publié le 14/02/2012

Coeurs à prendre


  Saint-Valentin ou pas, les sœurs Robert étaient bien décidées à ne pas s’en laisser compter par ces jeunes blancs-becs qui voulaient absolument les inviter au restaurant mais qui, en réalité, ne rêvaient que de croquer un morceau de leur héritage.
Publié le 13/02/2012

Le doigt dans l'os


Histoires d'os 26
Etabli à Glen Rose dans l’état du Texas, le Musée de l’Evidence de la Création est un établissement dont le but avoué est de rassembler et d’exposer les preuves matérielles de la création divine, preuves susceptibles d’en finir avec la théorie impie de l’évolution des espèces.   C’est ainsi que ce musée réunit une impressionnante collection d’objets insolites et de précieuses raretés attestant la présence de l’homme sur terre depuis des temps immémoriaux. Ainsi ce marteau fossile datant de l’époque crétacée et qui n’a pas encore rouillé depuis sa découverte aux environs de Londres en 1934. Ainsi cette botte fossilisée provenant du Jurassique et dont le cuir possède encore l’éclat ciré du neuf. Ainsi ces traces de semelles déposées sur une dalle archéozoïque ou encore cette empreinte de pied humain déposée dans le lit de la rivière Paluxi, juste à côté de celles de trois orteils d’Acrocanthosaure, sympathique dinosaure dont on ignore si son voisin  le promenait en laisse.   Mais le clou de ce musée demeure un doigt humain fossile, datant également du lointain Crétacé. Un doigt dont même les parties molles ont été miraculeusement conservées et qui se dresse fièrement depuis deux cents millions d’années dans le but d’exprimer son profond désaccord avec la théorie des évolutionnistes. Une seule question demeure : où sont passés les quatre autres doigts ?
Publié le 11/02/2012
Publié le 09/02/2012

Chronique Rurale


Quatrième jour : les seins de Nadine.

Ses seins ronds et fiers semblent toujours se porter aussi bien, sous son sous- pull moulant en lycra mauve. Jamais ils ne renoncent, jamais ils ne baissent la tête. Nadine est célibataire, en tout cas elle n’a pas d’alliance et personne ne vient la chercher à la sortie du boulot. Elle habite un petit pavillon juste derrière l’école primaire, et elle prend le bus tous les matins pour se rendre au supermarché Paclerc, où elle exerce l’admirable métier d’hôtesse de caisse.  
Chacun de mes passages en caisse n°4 -en général le jeudi soir et le lundi matin- sont l’occasion d’un étrange rituel que nous partageons Nadine et moi, de façon quasi- inconsciente : alors que  je m’apprête à sortir mon portefeuille afin de m’acquitter de l’impôt citoyen en faveur de la croissance et de la relance de la consommation, elle soulève soudain son frêle menton vers moi, me sourit sensuellement (ça lui échappe), et me demande d’une voix simple, mais qui me fait immanquablement sursauter (et parfois, je l’avoue, rétrospectivement, bander) : « vous avez la carte de fidélité ? ». Me dit-elle avec son regard vert. J’ai souvent l’irrépressible envie de lui répondre que oui, qu’à elle je pourrai être fidèle toute une vie, que ses lèvres naturellement glossées me donnent des rougeurs, que quand je la voie j’ai envie de chanter, que je me déshabille tous les soirs et que je mets mon pyjama en pensant en elle, et tant d’autres choses si romantiques. Mais je me contente de dire non, de penser cyniquement que jamais je n’ai été fidèle à quelqu’un ou à quelque chose, ni que personne d’ailleurs ne l’a jamais été à moi-même, alors que je ne vais pas commencer ma carrière en fidélité par un supermarché. Ca fait bip, je mets ma carte, je tape mon code, et un nouveau client me dérobe alors le sourire et les seins de Nadine.

Je sors, écrasé par la désillusion, affamé de sexe et d’amour, tout espoir tué.
Publié le 07/02/2012
Publié le 17/02/2012
Publié le 15/02/2012
Publié le 14/02/2012
Publié le 12/02/2012

La Maladie du zingueur


Jean-Claude Suco : enquête sur la vie des gens


Christian Lagorie par Jake Raynal
Publié le 11/02/2012

La publicité, ou l'art de maquiller le cadavre



Ô temps de cerveau disponible, reprends ton vol ! Pitié ! La pub, c'est un peu la voix du sage, celle qu'on refuse d'écouter. Pas la sagesse bouddhiste, c'est vrai, ni taoïste, je l'accorde, ni épicurienne, ni rien du tout. Non, là, c'est nouveau, ça vient de sortir ! Et nous les récalcitrants, enfin, certains d'entre nous (je ne parle pas de moi), on ferait n'importe quoi pour échapper à la réclame. On commence par boire pour prétexter d'aller pisser pendant la pub, et on finit par boire pour oublier qu'on la regarde. Mais on la regarde. Et « beaucoup plus » qu'un produit, on nous vend le monde tel qu'il devrait être. Le : « beaucoup plus que... » sert à montrer la valeur ajoutée du truc. Résultat, on croit bêtement acheter de la soupe et on se retrouve à partager un repas convivial en famille. Merci ! J'avais pourtant acheté la brique en format individuel ! On nous parodie honteusement Simone de Beauvoir pour vendre du Blédina : « On ne naît pas mère, on le devient. » Est-ce à dire que les femmes se font baiser, dans l'histoire ? Mais non, enfin ! Et cette autre pub pour une voiture : « Sans cœur nous ne serions que des machines. » Résultat, dans les chaines de l'usine où on la construit, la bagnole, on a entendu des DRH dire aux ouvriers : « Allez, les mecs, vous avez compris : on met du cœur à l'ouvrage ou on vous remplace par des machines ! » Car oui, parfois les slogans tiennent leurs promesses...
Publié le 08/02/2012
 
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